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Névralgie du IX ou glossopharyngienne

1. Qu'est-ce que la névralgie du glossopharyngien ?

La névralgie du glossopharyngien est une affection rare se traduisant par un syndrome douloureux lié à une hyperactivité du IXe nerf crânien.

Cela se traduit  par des crises de douleurs intenses et répétées au niveau de la langue, de la gorge, de l'oreille et des amygdales. Les crises peuvent durer de quelques secondes à quelques minutes et se manifestent généralement d'un seul côté du visage. La douleur peut être déclenchée par la déglutition, la parole, le rire, la mastication ou la toux et peut disparaître ou récidiver à la manière d’une névralgie du trijumeau.

2. Quelles sont les causes ?

La névralgie du glossopharyngien est rare et souvent aucune cause n’est identifiable. Elle  débute en général après 40 ans et se manifeste le plus souvent chez les hommes. 

Parfois, on observe une névralgie du glossopharyngien lorsque :

  • Une artère mal positionnée comprime le nerf glossopharyngien à proximité de son émergence du tronc cérébral.
  • L’os long et pointu à la base du crâne est anormalement long et comprime le nerf.

Dans de rares cas, la cause est une tumeur dans le cerveau ou le cou, un abcès, un anévrisme dans une artère du cou ou la sclérose en plaques.

Une névralgie du glossopharyngien peut survenir en même temps qu’une névralgie du trijumeau.

3. Quels sont les symptômes ?

La névralgie se caractérise par une douleur brève, unilatérale (d’un seul côté) et intense. La crise peut survenir spontanément ou elle peut être déclenchée lorsque les zones innervées par le nerf glossopharyngien sont stimulées comme déglutir, mastiquer, tousser, bailler, parler ou éternuer.

La douleur dure généralement de quelques secondes à quelques minutes et débute dans la région des amygdales, à l’arrière de la langue ou dans la gorge et peut s’étendre à l’oreille ou l’arrière de la mâchoire.

Si le nerf vague fonctionne mal, ce qui perturbe le rythme cardiaque, les personnes peuvent s’évanouir.

4. Comment est-elle diagnostiquée ?

Le diagnostic de la névralgie du nerf glossopharyngien repose sur l’anamnèse de la personne et l’examen clinique.

Il faut également distinguer la névralgie du trijumeau de la névralgie du nerf glossopharyngien. Elle  repose notamment sur la localisation de la douleur ou par les résultats d’un examen spécifique.
L’examen consiste à toucher l’arrière de la gorge avec un coton tige et si le patient ressent une douleur alors un anesthésiant local est appliqué à l’arrière de la gorge et si il fait disparaître la douleur alors le diagnostic de névralgie du glossopharyngien est probable. Une IRM peut également être réalisée pour rechercher et exclure des tumeurs éventuelles. 

Critères diagnostiques selon l’International Headache Society pour la névralgie classique du glossopharyngien :

A. Crises paroxystiques récurrentes de douleur unilatérale dans le territoire du nerf glossopharyngien (partie postérieure de la langue, la fosse amygdalienne, le pharynx ou l’angle de la mâchoire inférieure et/ou dans l’oreille) et répondant au critère B

B. La douleur a toutes les caractéristiques suivantes :

  1. Dure de quelques secondes à 2 minutes ;
  2. Intensité sévère ;
  3. Type de choc électrique, d’élancement, de coup de poignard ou de piqûre ;
  4. Déclenchée par la déglutition, la toux, la parole ou le bâillement.

C. N’est pas mieux expliquée par un autre diagnostic de l’ICHD-3.

Il existe 3 types de névralgies du glossopharyngien :

  • Classique : la névralgie se développe sans cause apparente autre qu’une compression neurovasculaire.
  • Secondaire : la névralgie est causée par une maladie sous-jacente (ex : un traumatisme cervical, une sclérose en plaques, des tumeurs des amygdales ou régionales, des tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux et une malformation d’Arnold-Chiari).
  • Idiopathique : la névralgie ne montre pas de preuve de compression neurovasculaire ou d’affection sous-jacente.

5. Quelle est la prise en charge ?

La névralgie du glossopharyngien est un syndrome douloureux rare dont la prise en charge repose principalement sur les traitements médicamenteux et, dans certaines situations, sur la chirurgie.

Les traitements médicamenteux utilisés sont proches de ceux proposés dans la névralgie du trijumeau. La carbamazépine et l’oxcarbazépine sont généralement utilisées en première intention. D’autres antiépileptiques, comme la gabapentine, la prégabaline ou la phénytoïne, peuvent également être proposés.

Lorsque ces traitements sont insuffisamment efficaces, l’application d’un anesthésique local au niveau des amygdales et de la paroi du pharynx peut permettre un soulagement temporaire de la douleur.

Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsque les traitements médicamenteux sont inefficaces, insuffisamment efficaces ou mal tolérés.

  • La décompression microvasculaire : lorsqu’un vaisseau sanguin comprime le nerf glossopharyngien, le chirurgien le sépare du nerf et interpose généralement un petit matériel entre les deux afin d’éviter le contact. Cette technique permet de préserver le nerf.
  • La rhizotomie du nerf glossopharyngien : elle consiste à sectionner certaines fibres du nerf glossopharyngien afin d’interrompre la transmission du signal douloureux. Dans certaines situations, elle peut être associée à la section de certaines fibres du nerf vague. Cette technique est généralement réservée aux situations où une décompression microvasculaire n’est pas possible ou n’est pas indiquée.

Fiche rédigée par Clarisse Mouchard et relue par Camille Racca. Mise en ligne le 05-10-2026.

Sources :