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Scoliose

1. Qu’est-ce que la scoliose ?

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace : de face, de profil et en transversal.

Cette déviation est liée à une rotation des vertèbres les unes par rapport aux autres. Elle est considérée comme permanente, car elle n’est pas réductible par un changement de la position.

Il convient de bien distinguer la scoliose de l’attitude scoliotique. L’attitude scoliotique est une déviation latérale de la colonne vertébrale, sans rotation des vertèbres. Elle est donc réductible par un changement de la position, par exemple la mise en place de semelles orthopédiques.

Photo scoliose

2. Quelles en sont les causes ?

Il existe différentes causes. Elle peut être :

  • idiopathique, c’est-à-dire sans cause clairement identifiée ;
  • d’origine neurologique ou neuromusculaire, par exemple dans certaines maladies comme l’amyotrophie spinale ;
  • congénitale, lorsqu’elle est liée à une anomalie présente dès la naissance ;
  • secondaire à une maladie osseuse ou vertébrale, notamment chez l’adulte.

La majorité des scolioses (75% à 80% des cas) sont  idiopathiques. Il est à noter que l’apparition d’une scoliose idiopathique est plus fréquente chez les filles (80% des scolioses) que chez les garçons (20% des scolioses). 

Il est également important de préciser que : contrairement à certaines croyances, la position, le port de charges lourdes ou l’inégalité de longueur des membres inférieurs ne sont pas une cause de scoliose.

3. Comment est-elle diagnostiquée ?

La scoliose apparaît le plus souvent pendant l’enfance ou l’adolescence, au cours de la croissance. En général, son évolution est lente avant la puberté, puis s’accélère durant cette période. Elle peut aussi se manifester ou continuer à évoluer à l’âge adulte, notamment à la suite de l’évolution d’une scoliose juvénile ou en raison de changements dégénératifs liés au vieillissement.

La scoliose peut être dépistée lors d’un rendez-vous médical de routine, ou être suspectée devant une asymétrie du dos, des épaules, des omoplates ou du bassin.

D’autres signes peuvent aussi alerter :

  • des douleurs récurrentes au niveau du dos, du cou ou des épaules, qui concernent environ 40% des personnes avec une scoliose ;
  • une fatigabilité importante lors du port de charges, notamment le cartable chez les plus jeunes ;
  • des difficultés respiratoires, dans les cas les plus sévères.

Le plus souvent, c’est le médecin traitant ou le pédiatre qui l’identifie grâce à l’examen du dos et de la posture.

Le signe le plus spécifique est la présence d’une gibbosité, c’est-à-dire une déformation du dos en forme de bosse d’un seul côté. Elle est liée à la rotation des vertèbres et permet de distinguer la scoliose de l’attitude scoliotique, qui n’entraîne pas de gibbosité.

La gibbosité peut être visible spontanément, mais elle apparaît surtout lorsque la personne se penche en avant, jambes tendues. Lorsqu’une scoliose est suspectée, des radiographies de la colonne vertébrale permettent de confirmer le diagnostic, de mesurer la gravité de la courbure et de suivre son évolution dans le temps.Gibbosite scoliose

4. Quelle prise en charge peut être proposée ?

La prise en charge d’une scoliose est généralement pluridisciplinaire. Elle repose sur la collaboration de plusieurs professionnels de santé, dont le rôle dépend de l’âge de la personne, de l’importance de la courbure et de son évolution.

Elle peut notamment faire intervenir :

  • le médecin traitant ou le pédiatre, qui assure le dépistage, coordonne le suivi médical et oriente vers les spécialistes si nécessaire ;
  • le chirurgien orthopédique, qui évalue la gravité de la scoliose, suit son évolution et discute les traitements possibles, notamment le corset ou la chirurgie dans les formes les plus importantes ;
  • le kinésithérapeute, qui accompagne la personne par un travail sur la posture, le renforcement musculaire, la mobilité et la respiration ;
  • l’orthoprothésiste, qui fabrique et ajuste le corset lorsqu’un traitement orthopédique est indiqué.

Si la scoliose présente une courbure faible, une surveillance régulière est mise en pendant la croissance afin d’évaluer sa progression.

Lorsque la scoliose s’accompagne d’une courbure importante ou que la courbure évolue rapidement, différents traitements orthopédiques peuvent être proposés. Ils visent à stabiliser l’évolution de la scoliose et à en limiter l’aggravation de la déformation. Dans certains cas, une chirurgie peut être envisagée afin de remettre la colonne droite. 

Les médicaments ne permettent pas de réduire la courbure ni de ralentir l’évolution de la scoliose. En revanche, des traitements antalgiques peuvent parfois être prescrits pour soulager les douleurs associées.

Les principaux traitements sont :

La kinésithérapie est souvent proposée, particulièrement en cas de scoliose nécessitant un traitement orthopédique ou chirurgical.  Elle présente plusieurs objectifs comme :

  • entretenir la mobilité du rachis ;
  • préserver la fonction respiratoire, en particulier lorsque la déformation thoracique est importante ;
  • renforcer les muscles du dos et du tronc ;
  • travailler la posture et la tenue de la colonne vertébrale ;
  • limiter la survenue de douleurs chroniques.

Le corset est un appareillage orthopédique réalisé sur mesure. Il est adapté à chaque personne et à chaque type de scoliose.

Il est le traitement de référence pendant la période de croissance lorsque la scoliose est évolutive, c’est-à-dire lorsqu’elle tend à s’aggraver progressivement. Son objectif principal est de stabiliser la déformation de la colonne vertébrale et de limiter son aggravation jusqu’à la fin de la puberté..

Dans certains cas, le corset peut permettre une correction partielle de la courbure, mais ce n’est pas systématique.

La durée quotidienne de port du corset est décidée par l’équipe médicale, en fonction de l’âge, du degré de courbure et de l’évolutivité de la scoliose. Il peut être prescrit :

  • uniquement la nuit ;
  • en dehors du temps scolaire ;
  • presque en continu, parfois jusqu’à 20 heures sur 24.

Le port du corset peut avoir un retentissement psychologique important, en particulier à l’adolescence. Il peut modifier l’image du corps, entraîner un manque de confiance en soi, gêner certaines activités ou provoquer une peur du regard des autres. Un accompagnement adapté, médical, familial, scolaire et parfois psychologique, peut aider à mieux vivre cette période.

La chirurgie est un traitement proposé dans les formes les plus sévères de scoliose. Elle peut être envisagée lorsque :

  • la courbure de la colonne vertébrale est très importante ;
  • la scoliose continue de s’aggraver malgré le traitement orthopédique ;
  • la déformation risque d’entraîner un retentissement important sur la posture, la respiration ou la qualité de vie.

L’intervention la plus pratiquée est l’arthrodèse vertébrale. Elle consiste à corriger ou réduire les déformations du rachis à l’aide de tiges en métal et de vis qui servent de tuteur à la colonne pour corriger et maintenir l’alignement de celle-ci.  Elle est généralement réalisée en fin de croissance

C’est une opération lourde qui nécessite l’intervention d’un chirurgien spécialisé. La durée du geste varie souvent entre trois et sept heures. Les suites opératoires nécessitent ensuite une période de récupération progressive, qui peut durer plusieurs mois.

Comme toute chirurgie, cette intervention comporte des risques, notamment des complications infectieuses, hémorragiques, neurologiques, anesthésiques ou liées au matériel implanté. Des douleurs postopératoires peuvent également survenir. Elles sont le plus souvent prises en charge par des traitements antalgiques adaptés. Dans certains cas, ces douleurs peuvent devenir chronique et avoir des retentissements importants sur le quotidien.

Arthrodese scoliose

  • La chirurgie mini-invasive : « vertebral body tethering » ou VTB ;
  • Pose d’un plâtre ;
  • Systèmes d’élongation à l’aide de sangles ou la mise en place d’halo crânien.

Fiche rédigée par Céliane Tricot et modifiée par Camille Racca. Mise en ligne le 05-07-2026.
Sources :

  • Webmaster. (s. d.). Accueil - Association Scoliose et partage » Scoliose & partage. https://www.scoliose.org/silverstripe/
  • Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec | OPPQ. (2026, 19 juin). OPPQ. https://oppq.qc.ca/
  • CHU Grenoble Alpes. (s. d.). CHU Grenoble Alpes. https://www.chu-grenoble.fr/
  • ScoliSMART. (2026, 9 juin). Effective Scoliosis Solutions - Complete Neurospine Care Training and Support. Treating Scoliosis. https://treatingscoliosis.com/
  • Ameli. (s. d.); Scoliose. https://www.ameli.fr/assure/recherche?text=scoliose
  • New York Spine Institute. (2026, 24 juin). Scoliosis services. https://www.nyspine.com/scoliosis-services/
  • Espace Francilien du Rachis. (2024, 10 avril). Scolioses de l’adulte et de l’adolescent - Espace Francilien du Rachis Paris. https://rachis.paris/pathologies-problemes-de-dos/scolioses/
  • Institut du Rachis Parisien. (2021, 7 avril). Scolioses - Institut du rachis Paris | Chirurgien du rachis à Paris. Institut du Rachis Paris. https://institutdurachis.com/pathologies-rachis/scolioses/