A. La perte de contraction après l’exposition aux sérums des patients
Les chercheur.es ont découvert que les tissus 3D exhibaient une faiblesse contractile après une exposition aux sérums des patients, même faible (48h).
Pour estimer cette dégradation, iels ont utilisés une stimulation progressive en fréquence pour induire une contraction musculaire puis une tétanie musculaire.
Après 48h d’exposition aux sérums, les tissus malades (i.e. ceux exposés aux sérums de patients atteints d’EM ou de CL) montraient une diminution significative de la force contractile maximale, légèrement pire pour l’EM que pour la CL. De la même manière, le temps-au-pic (trad. Time in peak) était significativement plus court dans les groupes malades. De plus, la puissance et la vitesse de contraction, facteurs de la capacité d’un muscle à effectuer un travail, étaient significativement diminuées. Les muscles exposés au sérum de patients ayant une CL montrait une moins bonne performance au pic à 25 Hz que l’EM. De même, la performance au pic après un premier effort était altéré d’autant plus pour la CL, ce qui montre une difficulté, pour ces muscles, à réatteindre leur capacité maximale après un premier effort.
B. Analyse transcriptomique basale
Les chercheur.es ont ensuite analysé les gènes exprimés par les cellules exposés aux sérums avant et après un effort physique (i.e. la stimulation incrémentale). Pour ce faire, iels ont fait un séquençage total de l’ARN pour extraire les gènes avec le fold change maximal. Ces derniers ont ensuite été validés par RT-PCR.
On voit alors une stimulation des processus de translation, de contraction et développement ainsi qu’une stimulation des structures ribosomales, des sarcomères, des myofibrilles, de la bande I et les fibres de muscle contractile.
Spécifiquement dans l’EM, on voit une stimulation de la transcription des éléments de la matrice extracellulaire, une inhibition du métabolisme basal, de la transcription et de la fonction des organites. Ce qui montre un stress chronique et une activité métabolique altérée. On voit également une inhibition des voies de production mitochondriale d’énergie (cycle de Krebs, chaîne respiratoire mitochondriale, synthèse de l’ATP)
Dans la CL, on voit une orientation du métabolisme vers le métabolisme des acides gras, une stimulation de la chaîne de transport des électrons et de la synthèse protéique.
Dans les deux cas, on voit une réponse compensatrice des complexes de la chaîne respiratoire mitochondriale (un peu plus pour la CL), une forte diminution de la fission mitochondriale et une stimulation de la transcription de mitofusine 2, en faveur de la fusion mitochondriale et du réseau mitochondrial. Dans tous les cas, on voit une stimulation des gènes de la glycolyse, une augmentation de l’apoptose intrinsèque via AIFM1 et une dérégulation de l’homéostasie du calcium par stimulation d’ATP2A1 et inhibition d’ATP2B4 (entraînant une séquestration du calcium en intramitochondrial). Ce défaut de régulation de l’homéostasie du calcium est un inducteur de fatigue et un producteur de radicaux libres de l’oxygène.
De plus, la stimulation du gène FHL1 est responsable d’une hypertrophie des myotubes, intervenant dans la voie de la glycolyse. De même, le gène de la PDK4 est stimulé, ce qui oriente le métabolisme vers celui des acides gras.
Le diamètre des microtubules est également augmenté dans les groupes malades, ce qui est une réponse compensatoire contre le stress. En effet, la réponse contre le stress est augmentée, comme le montre l’hyperfusion du réseau mitochondrial.
C. Analyse transcriptomique après effort
A 48h, les tissus malades montrent une réponse compensatoire augmentée face aux facteurs de stress systémique. En effet, si la survie des tissus diminue fortement avec le temps pour les tissus contrôle et malades, la survie de ceux malades est 2 fois plus diminuée.
On observe également une atrophie des myotubes au cours du temps et une diminution de la fusion mitochondriale, ce qui indique une fragmentation mitochondriale à 144h. Ceci est corroboré par l’augmentation du taux de consommation d’oxygène et le taux d’acidification extracellulaire, qui était significativement plus élevé chez les patients ayant une EM que pour les deux autres. Cela montre que la respiration cellulaire basale post-effort était plus élevée chez les patients ayant une EM que pour les deux autres groupes.