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Sclérose en plaques : symptômes, impacts et traitements

En France, la sclérose en plaques (SEP) touche plus de 130 000 personnes. Elle débute le plus souvent autour de 30 ans et constitue la première cause de handicap sévère non traumatique chez le jeune adulte.

1. Qu'est-ce que la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire chronique, qui atteint le cerveau et la moelle épinière. Elle résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire, qui s’attaque à la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses.

Cette atteinte perturbe la transmission des messages nerveux et peut entraîner des symptômes neurologiques variés, dont la nature, l’intensité et l’évolution diffèrent d’une personne à l’autre.

On distingue plusieurs formes évolutives :

  • La SEP récurrente-rémittente, la plus fréquente. Elle évolue par poussées, correspondant à l’apparition ou à l’aggravation de symptômes neurologiques, suivies de phases de rémission durant lesquelles les symptômes régressent partiellement ou totalement.
  • La SEP primaire progressive, qui concerne environ 15 % des personnes atteintes. Elle se caractérise par une aggravation lente et continue des symptômes neurologiques dès le début, sans poussées clairement identifiables.
  • La SEP secondairement progressive, qui survient chez environ une personne sur deux ayant initialement une forme récurrente-rémittente, après plusieurs années d’évolution. Elle se traduit par une progression progressive du handicap, indépendamment de la survenue de nouvelles poussées.

2. Quels en sont les symptômes ?

La SEP peut entraîner des symptômes très variés, car le système nerveux central régule l’ensemble des fonctions de l’organisme. Les manifestations diffèrent largement d’une personne à l’autre et peuvent évoluer au fil du temps, tant par leur nature que par leur intensité.

Les symptômes peuvent notamment toucher :

  • la vision : baisse de l’acuité visuelle, vision double, douleurs oculaires ;
  • la motricité : faiblesse musculaire, raideur, difficultés à marcher ou à utiliser certains membres ;
  • l’équilibre et la coordination : instabilité, troubles de la marche, maladresse ;
  • la sensibilité : fourmillements, engourdissements, douleurs neuropathiques ;
  • les fonctions cognitives : troubles de l’attention, de la mémoire, de la concentration ou de la vitesse de traitement de l’information ;
  • les fonctions urinaires, digestives et sexuelles : troubles mictionnels, perturbations du transit, dysfonctions sexuelles.

Pour en savoir plus, chaque type de symptôme est présenté plus en détail dans une page dédiée.

3. Comment est-elle diagnostiquée ?

Le diagnostic de la SEP peut être posé dès la première poussée ou plus tard au cours de l’évolution de la maladie. Il repose sur l’analyse des symptômes et sur la réalisation d’une IRM du cerveau et de la moelle épinière, permettant d’identifier des lésions évocatrices.

Dans certaines situations, une ponction lombaire peut compléter le bilan diagnostique. Elle consiste à analyser le liquide céphalorachidien, qui entoure le cerveau et la moelle épinière, afin de rechercher des signes d’inflammation évocateurs de la SEP.

4. Quel est son impact ?

La SEP entraîne un handicap souvent invisible, aux répercussions multiples. Près de 90 % des personnes concernées souffrent d’une fatigue invalidante, et environ 80 % présentent des douleurs chroniques, pouvant altérer fortement la qualité de vie.

Ces symptômes ont un impact majeur sur la vie sociale et professionnelle : plus d’une personne sur deux voit ses capacités de travail diminuer après le diagnostic. Les discriminations liées au handicap constituent également un frein à l’accès et au maintien dans l’emploi.

La maladie a aussi des répercussions importantes sur l’entourage : 30 % des proches aidants se déclarent épuisés, illustrant le retentissement familial de la SEP.

Enfin, la SEP peut s’accompagner d’une souffrance psychologique, liée aux incertitudes sur son évolution, à l’adaptation permanente aux symptômes et à leurs conséquences sociales et professionnelles.

4. Quelle prise en charge ?

La prise en charge de la SEP est globale et personnalisée. Elle s’appuie sur trois volets complémentaires, adaptés à la forme de la maladie et aux symptômes.

A. Le traitement des poussées

Il vise à soulager rapidement les symptômes neurologiques. Il repose sur l’administration de corticoïdes, par voie orale ou intraveineuse, sur une courte durée.

Ces traitements n’influencent pas l’évolution à long terme de la maladie et n’agissent pas sur les séquelles éventuelles de la poussée, notamment en termes de handicap ou de symptômes persistants.

B. Les traitements de fond

Ils ont pour objectif de ralentir l’évolution de la maladie en modulant ou en freinant l’activité du système immunitaire, afin de limiter l’apparition de nouvelles lésions et la progression du handicap. 

Il existe aujourd’hui de nombreuses molécules, administrées par voie injectable ou orale, permettant d’adapter la stratégie thérapeutique dans les formes rémittentes de la maladie.

Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée aux traitements de fond.

En revanche, les possibilités restent limitées dans les formes progressives, où la prise en charge repose essentiellement sur le suivi et le traitement des symptômes. De nombreux études scientfiques sont aussi en cours. Pour en savoir plus par ici

En savoir plus sur la recherche en cours.

C. La prise en charge symptomatique

La prise en charge symptomatique vise à préserver autant que possible l’autonomie et la qualité de vie au quotidien.

Elle repose notamment sur la kinésithérapie et l’activité physique adaptée, qui permettent de maintenir la mobilité, de prévenir la perte de capacités fonctionnelles, d’améliorer l’équilibre et de réduire la fatigue.

Lorsque cela est nécessaire, des traitements ciblés peuvent être proposés pour soulager la raideur musculaire, les douleurs neuropathiques, ainsi que certains troubles urinaires ou émotionnels. 

Chaque symptôme fait l’objet d’une prise en charge spécifique, présentée dans les pages correspondantes.