La prise en charge dépend généralement de l’âge, de l’intensité des symptômes et de leur retentissement sur la vie quotidienne.
Lorsque les symptômes sont modérés, une surveillance régulière peut être proposée. Elle est particulièrement privilégiée chez les enfants et les adolescents, car une amélioration est parfois observée avec la croissance. Un accompagnement nutritionnel peut aussi être proposé lorsqu’un faible poids favorise la compression.
La prise en charge peut également inclure une approche multimodale de la douleur. Lorsqu’une hypersensibilisation pelvienne est présente, celle-ci peut notamment associer des traitements médicamenteux et de la kinésithérapie pelvienne. Ces traitements ne suppriment pas la compression, mais peuvent contribuer à réduire les douleurs et leur retentissement.
Lorsque les symptômes restent importants malgré cette prise en charge, une intervention peut être envisagée.
A. La transposition de la veine rénale gauche
Lorsqu’un traitement chirurgical est indiqué, le consensus international considère la transposition de la veine rénale gauche comme la technique opératoire de première intention.
Cette intervention consiste à détacher la veine rénale gauche de la veine cave inférieure, puis à la réimplanter plus bas sur celle-ci, afin que son trajet ne passe plus dans la zone de compression entre l’aorte et l’artère mésentérique supérieure.
Elle est traditionnellement réalisée par chirurgie ouverte, mais des techniques mini-invasives, notamment par cœlioscopie, ont également été décrites.
Une revue systématique publiée en 2025 rapporte une résolution des symptômes chez environ 92 % des personnes ayant bénéficié d’une transposition de la veine rénale gauche. Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence en raison du faible nombre de patients étudiés, de la durée limitée du suivi et de l’hétérogénéité des études disponibles. Dans cette même revue, une nouvelle intervention était nécessaire chez 28,5 % des individus opérés..
Comme toute intervention chirurgicale, cette technique comporte des risques. Parmi les complications rapportées figurent notamment le saignement, la formation d’un caillot sanguin, ainsi qu’un nouveau rétrécissement ou une obstruction de la veine rénale gauche après l’intervention.
B. La pose d’un stent au niveau de la veine rénale gauche
Deux principales techniques de stenting ont été décrites dans le syndrome de Nutcracker : le stent endovasculaire, placé à l’intérieur de la veine rénale gauche, et le stent extravasculaire, placé autour de celle-ci.
Un petit tube métallique (stent) est introduit à l’aide d’un cathéter puis déployé à l’intérieur de la partie comprimée de la veine rénale gauche afin de la maintenir ouverte. Cette technique est moins invasive qu’une chirurgie ouverte et permet généralement une récupération plus rapide.
Dans une revue systématique publiée en 2025, une résolution des symptômes était rapportée chez 76 % des personnes traitées, tandis qu’une nouvelle intervention était nécessaire chez 11 % d’entre elles. Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence en raison du nombre limité de patients étudiés, du recul relativement court et de l’hétérogénéité des études disponibles.
L’un des principaux risques spécifiques à cette technique est la migration du stent, qui peut se déplacer vers la veine cave inférieure et, plus rarement, poursuivre sa migration vers le cœur. En raison de ce risque et du manque de données à long terme, le consensus international ne recommande pas le stenting endovasculaire comme traitement de première intention.
- Le stent extravasculairem
Une autre technique consiste à placer un dispositif autour de la veine rénale gauche, et non à l’intérieur de celle-ci. Généralement mis en place par cœlioscopie, ce stent externe soutient la veine et vise à empêcher sa compression entre l’aorte et l’artère mésentérique supérieure.
Dans la revue systématique de 2025, une résolution des symptômes était rapportée chez environ 80 % des personnes traitées et aucune réintervention n’était rapportée. Ces résultats restent néanmoins à interpréter avec prudence en raison de l’hétérogénéité des techniques utilisées et du recul limité sur cette technique.
Les principaux risques sont mal connus en raison du peux de complications, notamment un déplacement du dispositif, ont également été rapportées.
C. L’autotransplantation rénale
Cette opération consiste à retirer le rein gauche, puis à le réimplanter plus bas, le plus souvent dans le bassin. Cette technique permet de contourner la compression. Elle est principalement envisagée dans les situations sévères, notamment après l’échec d’une autre intervention.
La revue systématique de 2025 rapporte 69 % de résolution des symptômes après autotransplantation rénale.
Il s’agit cependant d’une chirurgie importante, dont les risques comprennent notamment le saignement, la formation d’un caillot dans les vaisseaux du rein (thrombose), des complications urinaires ou une altération du fonctionnement du rein.