Lorsque cette charge devient trop importante, elle peut entraîner :
Une fatigue cognitive
- Les personnes peuvent ressentir :
- des difficultés de concentration ;
- des oublis ;
- une impression de “brouillard cérébral” (brain fog) ;
- une diminution des capacités de planification ;
- une fatigue décisionnelle.
Une fatigue émotionnelle
- La maladie chronique peut générer :
- de l'anxiété face à l'incertitude ;
- de la frustration ;
- un sentiment d'injustice ;
- de la culpabilité lorsqu'il faut renoncer à certaines activités ;
- une peur de devenir un poids pour les proches.
Un impact sur la qualité de vie
- Une charge mentale importante peut entraîner, au-delà des impacts propres à la maladie :
- une diminution des activités sociales ;
- un absentéisme scolaire ou professionnel ;
- des difficultés à maintenir des loisirs ;
- une baisse du bien-être général ;
- parfois une moins bonne observance des traitements, non par manque de volonté, mais parce que la charge devient trop lourde.
Pour illustrer la fatigue liée aux maladies chroniques, certaines personnes utilisent la théorie des cuillères (Spoon Theory), proposée dans les années 2000 par Christine Miserandino.
Dans cette théorie, chaque cuillère représente une quantité limitée d'énergie disponible pour la journée. Chaque activité (se lever, prendre une douche, préparer un repas, travailler, étudier, se rendre à un rendez-vous médical ou encore gérer la douleur) “coûte” une ou plusieurs cuillères.
Contrairement aux personnes en bonne santé, qui disposent souvent d'une réserve d'énergie suffisante sans avoir à y penser, les personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap doivent constamment arbitrer l'utilisation de leurs cuillères. Dépenser trop d'énergie pour une activité peut conduire à devoir renoncer à une autre ou nécessiter plusieurs jours de récupération et conduire à une “dette de cuillère”.
Cette métaphore permet de mieux comprendre que la fatigue chronique ne se résume pas à une sensation de manque d'énergie : elle implique une planification permanente, des choix parfois difficiles et une adaptation quasi constante du quotidien. Elle illustre le lien étroit entre la fatigue et la charge mentale.