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La dyspareunie

1. Qu’est-ce que la dyspareunie ?

La dyspareunie désigne une douleur pendant ou juste avant ou après un rapport sexuel. Ce symptôme est fréquent : il toucherait 10 à 28% des femmes au cours de leur vie. 

On distingue plusieurs types de dyspareunie, en fonction du moment d’apparition de la douleur et de sa localisation :

  • La dyspareunie primaire correspond à une douleur présente dès les premiers rapports sexuels.
  • La dyspareunie secondaire apparaît au cours des rapports sexuels, alors que ceux-ci ne provoquaient auparavant aucune douleur.
  • La dyspareunie superficielle désigne une douleur ressentie à l’entrée du vagin, pouvant être localisée ou diffuse.
  • La dyspareunie profonde se manifeste par une douleur ressentie plus profondément dans le bassin.

2. Quelles en sont les causes ?

Les causes de la dyspareunie sont multiples et varient notamment selon la localisation de la douleur.

A. La dyspareunie superficielle

Parmi les causes les plus fréquentes de dyspareunie superficielle, on retrouve notamment :

  • le vaginisme, qui correspond à une contraction involontaire et persistante des muscles du plancher pelvien ;
  • la vulvodynie, qui désigne une douleur chronique de la vulve, sans lésion sous-jacente ;
  • une lubrification insuffisante, survenant notamment en cas de déficit hormonal lié à la ménopause ;
  • des irritations, lésions ou traumatismes locaux, par exemple après un accouchement ou une chirurgie ;
  • une infection vaginale, telle qu’une mycose ou une vaginose ;
  • certaines pathologies systémiques, comme la maladie de Verneuil ou la maladie de Behçet, entraînant des lésions locales.

B. La dyspareunie profonde

Parmi les causes de dyspareunie profonde, on distingue principalement :

  • les atteintes gynécologiques comme l’endométriose, le prolapsus pelviens, Syndrome de Congestion Pelvienne, fibromes utérins, rétroversion utérine ;
  • les atteintes urologiques comme le syndrome de vessie douloureuse ;
  • les atteintes intestinales comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique ;
  • les atteintes musculaires, en particulier le syndrome myofascial, caractérisé par une hypertonie douloureuse des muscles du plancher pelvien ;
  • les atteintes neurologiques, telles que la névralgie pudendale ou les phénomènes d’hypersensibilisation pelvienne.


La survenue ou la persistance d’une dyspareunie peut également être favorisée ou entretenue par des facteurs psychologiques, tels que l’anxiété, la peur de la douleur, des expériences sexuelles douloureuses antérieures ou un vécu traumatique.

3. Comment est-elle diagnostiquée ?

Le diagnostic de la dyspareunie repose avant tout sur une écoute attentive et bienveillante de la part des professionnels de santé, puisqu’il s’agit d’un symptôme rapporté par la personne elle-même.

L’identification de la ou des causes repose ensuite sur l’analyse de plusieurs éléments clés, parmi lesquels :

  • le moment d’apparition de la douleur (primaire ou secondaire) ;
  • sa localisation (superficielle ou profonde) ;
  • ses caractéristiques (intensité, type de douleur, évolution) ;
  • les antécédents médicaux et chirurgicaux de la personne, ainsi que les éventuels autres symptômes associées à la dyspareunie (dysménorrhée, troubles digestifs ou urinaires, etc).

En cas de dyspareunie superficielle, l’examen clinique est particulièrement important. Il peut permettre d’identifier une lésion locale susceptible d’expliquer la douleur.

Selon le contexte, cet examen peut être complété par :

  • un prélèvement local en cas de suspicion d’infection ;
  • une biopsie lorsqu’une pathologie dermatologique ou inflammatoire est suspectée ;
  • un test au coton-tige, en l’absence de lésion visible, permettant de repérer des zones d’hypersensibilité à l’entrée du vagin et d’orienter le diagnostic, notamment vers une vulvodynie localisée.

En cas de dyspareunie profonde, l’examen clinique est le plus souvent complété par des examens d’imagerie, tels qu’une échographie endovaginale.

4. Quels sont les impacts au quotidien ?

La dyspareunie est un symptôme fréquent pouvant avoir un impact important sur la vie quotidienne, en particulier en raison de son retentissement sur la vie intime, conjugale et relationnelle.

Parmi les personnes concernées, environ un quart présente une détresse significative, avec des douleurs fréquentes ou persistantes évoluant depuis au moins six mois.

La dyspareunie est également fréquemment associée à d’autres troubles de la sexualité, notamment l'anxiété liée à la sexualité et la diminution ou l’absence de plaisir sexuel. 
Enfin, elle peut altérer la confiance en soi, l’image personnelle et le rapport au corps, contribuant à un retentissement psychologique et relationnel durable.

5. Quelle est la prise en charge ?

Lorsque cela est possible, la prise en charge de la dyspareunie repose en priorité sur le traitement de la cause sous-jacente.

En revanche, lorsque la cause n’est pas directement traitable ou que la douleur persiste dans le temps, la dyspareunie nécessite le plus souvent une prise en charge multidisciplinaire, adaptée à la cause identifiée, au type de douleur et à son retentissement sur la qualité de vie.

Cette prise en charge peut associer différentes approches complémentaires :

  • Prise en charge médicamenteuse : elle repose le plus souvent sur des traitements locaux. Par exemple, une crème à base de lidocaïne à 10 % peut être proposée en cas de vulvodynie localisée, afin de diminuer l’hypersensibilité douloureuse.
  • Prise en charge psychologique : un accompagnement psychologique, notamment par des thérapies cognitivo-comportementales, peut aider à réduire le stress, le vaginisme et la peur associée à la douleur, tout en renforçant la confiance en soi et la relation au corps.
  • Prise en charge rééducative  : la rééducation du plancher pelvien occupe une place centrale. Elle peut inclure des exercices de relâchement ou de renforcement musculaire, l’utilisation de dilatateurs vaginaux, des séances de kinésithérapie spécialisée, du biofeedback ou encore de l’acupuncture.
  • Prise en charge chirurgicale : elle est réservée à des situations bien sélectionnées et le geste dépend de la cause identifiée. Par exemple, dans le cadre de l’endométriose, une prise en charge chirurgicale ciblée peut être discutée lorsqu’une lésion responsable de la douleur est identifiée.

En cas de retentissement sur la vie intime et la vie de couple, l’accompagnement par un ou une sexologue peut être proposé. Il permet d’aborder les difficultés relationnelles, émotionnelles et sexuelles liées à la douleur, mais aussi de repenser la sexualité, qui ne se limite pas à la pénétration vaginale, en explorant d’autres formes de plaisir, d’intimité et de partage.


Fiche rédigée par Camille Claise et relue par Camille Racca. Mise en ligne le 16-02-2026.

Sources :