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Grossesse & troubles psychiques

1. Introduction

Les troubles psychiques restent encore entourés de nombreux préjugés, notamment lorsqu’il est question de grossesse et de parentalité. 

Dans l’imaginaire collectif, une personne ayant un trouble psychique serait forcément « instable » ou incapable d’être un bon parent. Pourtant, ces stéréotypes ne reflètent pas la réalité. 

Avoir un trouble psychique ne retire ni la capacité d’aimer, ni celle de protéger, d’éduquer ou de créer un lien sécurisant avec son enfant. Beaucoup de personnes concernées deviennent parents et construisent une relation saine avec leur enfant, parfois avec un accompagnement adapté. 

La honte et la peur du jugement restent cependant très présentes. Certaines personnes n’osent pas parler de leurs difficultés par crainte d’être perçues comme inaptes à la parentalité. Pourtant, demander de l’aide ou être accompagné ne fait pas de quelqu’un un « mauvais parent ». Au contraire, cela peut être une preuve d’attention envers soi-même et son enfant. 

La grossesse et le post-partum sont des périodes de grands changements physiques, émotionnels et psychologiques. Il est donc normal de ressentir des inquiétudes, des doutes ou des peurs, que l’on ait ou non un trouble psychique. Se questionner sur sa capacité à être parent, craindre de mal faire ou se sentir dépassé par moments ne signifie pas que l’on sera un « mauvais parent ». Ces émotions font partie de l’expérience de nombreuses personnes et méritent d’être accueillies sans jugement.

2. Les mécanismes à l'origine

La grossesse est une période de changements intenses, à la fois physiques, hormonaux, psychologiques et sociaux. Ces bouleversements peuvent avoir un impact important sur la santé mentale, en particulier chez les personnes ayant déjà un trouble psychique. 

Les variations hormonales peuvent influencer l’humeur, l’anxiété, le sommeil ou la régulation émotionnelle. À cela s’ajoutent souvent une grande fatigue physique, des douleurs, des nausées, des modifications du sommeil ou une perte d’énergie, qui peuvent fragiliser un équilibre déjà sensible. 

Les transformations du corps peuvent également être difficiles à vivre pour certaines personnes, notamment en cas de troubles du comportement alimentaire, de dysmorphophobie ou de traumatismes liés au corps. Le changement de regard sur soi, la prise de poids ou la sensation de perdre le contrôle de son corps peuvent être source de détresse. 

La grossesse entraîne aussi des changements psychologiques importants : devenir parent, se sentir responsable d’un futur enfant, imaginer l’accouchement ou l’après-naissance peut faire émerger de nombreuses inquiétudes. Cette période peut parfois réactiver des souvenirs difficiles, comme des traumatismes, des violences, des abus ou des relations familiales compliquées. 

Enfin, certaines personnes doivent adapter ou interrompre un traitement pendant la grossesse, ce qui peut parfois modifier l’équilibre psychique et nécessiter un suivi plus attentif. Cela doit être absolument discuté avec le psychiatre ou médecin traitant

Cependant, chaque vécu reste unique. Une grossesse n’entraîne pas forcément une aggravation des troubles psychiques. Pour certaines personnes, certains symptômes peuvent même diminuer temporairement, notamment dans certains troubles anxieux ou troubles du comportement alimentaire.

3. Evolution en fonction du trouble

Pendant la grossesse, un trouble psychique peut s’améliorer, rester stable, s’intensifier ou fluctuer au fil des mois. Chaque personne réagit différemment, et il est souvent difficile de prévoir à l’avance comment la grossesse influencera la santé mentale.
Il est important de se rappeler que chaque vécu reste unique : deux personnes ayant le même trouble ne vivront pas forcément leur grossesse de la même manière.

La grossesse peut parfois accentuer la fatigue, le ralentissement, la perte d’énergie ou les difficultés de motivation. Certaines personnes ressentent également une forte culpabilité liée au rôle de parent ou la peur de ne pas être “assez bien” pour leur futur enfant.

Les inquiétudes peuvent devenir plus présentes et se concentrer autour de la santé du bébé, de l’accouchement ou de sa propre santé. Le besoin de contrôle peut augmenter, notamment autour de l’alimentation, des rendez-vous médicaux ou des sensations corporelles. 

Des phobies d’impulsion peuvent également apparaître ou s’intensifier : pensées intrusives et non désirées concernant la possibilité de faire du mal au bébé, à soi-même ou à autrui peuvent survenir. Ces pensées peuvent être particulièrement angoissantes, justement parce qu’elles sont en contradiction avec les intentions et les valeurs de la personne. Elles ne signifient pas une volonté de passer à l’acte, mais peuvent entraîner des stratégies d’évitement, de vérification ou de recherche de réassurance.

Les changements hormonaux, le stress, le manque de sommeil ou la modification d’un traitement peuvent augmenter le risque de rechute thymique pendant la grossesse ou après l’accouchement. Un suivi médical adapté est donc particulièrement important. 

Chez les personnes présentant un trouble bipolaire, le post-partum est également associé à un risque accru de psychose puerpérale, une complication psychiatrique rare mais grave nécessitant une prise en charge rapide. (Sujet abordé dans la partie post-partum).

La grossesse peut intensifier l’hypersensibilité émotionnelle et relationnelle. Certaines personnes peuvent ressentir une forte peur de ne pas être à la hauteur, d’être abandonnées ou de reproduire des schémas relationnels douloureux. Un environnement stable et soutenant peut jouer un rôle important.

Les transformations corporelles, la prise de poids et la perte de contrôle ressentie sur le corps peuvent être particulièrement difficiles à vivre. Les changements de routine alimentaire liés à la grossesse peuvent également réactiver certaines pensées ou comportements liés aux TCA.

La grossesse, les changements corporels, les examens médicaux ou la perspective de l’accouchement peuvent parfois réactiver certains souvenirs traumatiques ou augmenter l’hypervigilance, les cauchemars, l’anxiété ou les réactions de stress. Certaines personnes peuvent aussi ressentir une peur importante liée au corps, à la perte de contrôle ou à la sécurité.

Le stress, les changements émotionnels ou certaines situations médicales liées à la grossesse et à l’accouchement peuvent favoriser des épisodes dissociatifs (impression d’être déconnecté.e de soi (dépersonnalisation), de ses émotions ou de la réalité (déréalisation). Chez certaines personnes, la fatigue, l’anxiété ou des expériences perçues comme envahissantes peuvent accentuer ces difficultés.

Les symptômes peuvent rester stables, s’améliorer ou s’intensifier selon les personnes. Les changements hormonaux, le stress, le manque de sommeil ou une modification du traitement peuvent parfois augmenter le risque de décompensation, en particulier pendant le post-partum. Un suivi médical adapté est particulièrement important.

Chaque trouble psychique évolue différemment pendant la grossesse. Certaines personnes observent une amélioration, d’autres une aggravation ou des fluctuations des symptômes. Un accompagnement adapté permet de mieux anticiper les difficultés éventuelles et d’ajuster les soins si nécessaire.

4. Traitements pendant la grossesse

Lors d’une grossesse, il est important de continuer son suivi psychiatrique et d’échanger avec les professionnels de santé qui accompagnent la personne (médecin traitant, psychiatre, sage-femme, gynécologue, etc.). Toute modification ou arrêt de traitement doit être discuté avec un professionnel avant d’être mis en place. 

Certains médicaments sont compatibles avec la grossesse, d’autres nécessitent une adaptation, une surveillance particulière ou parfois un changement de traitement. La décision dépend de nombreux facteurs : le type de traitement, le trouble concerné, l’état de santé de la personne et l’équilibre bénéfices/risques. 

Par peur des effets sur le bébé, certaines personnes arrêtent leur traitement brutalement dès le début de la grossesse ou lors d’un projet de grossesse. Pourtant, un arrêt soudain peut parfois entraîner une réapparition ou une aggravation des symptômes psychiques, avec des conséquences importantes sur le bien-être du parent et de l’enfant. 

L’objectif n’est donc pas de choisir entre la santé mentale du parent et celle du bébé, mais de trouver un équilibre sécurisant grâce à un accompagnement médical adapté. Chaque situation étant différente, il n’existe pas de réponse unique ou valable pour tout le monde.

5. Préparer sa grossesse quand on vit avec un ou plusieurs troubles psychiques

Lorsqu’une personne vit avec un ou plusieurs troubles psychiques, préparer une grossesse peut permettre d’anticiper certains besoins et de mettre en place un accompagnement adapté. Cette préparation ne garantit pas une grossesse « parfaite », mais elle peut aider à se sentir davantage soutenu et en sécurité. 

Il est important d’informer les professionnels de santé de ses antécédents psychiques, de ses traitements et de ses éventuelles difficultés actuelles afin d’obtenir un avis médical adapté à sa situation. Cela permet notamment de réfléchir en amont aux traitements, au suivi et aux ressources disponibles. 

Certaines personnes peuvent bénéficier d’un suivi plus rapproché pendant la grossesse et après l’accouchement, afin de repérer plus rapidement d’éventuels signes de souffrance psychique ou de rechute. Identifier à l’avance les signes inquiétants (troubles du sommeil importants, anxiété intense, idées noires, variations importantes de l’humeur, isolement, etc.) peut aussi aider à demander de l’aide plus tôt. 

Le post-partum mérite également d’être anticipé. Cette période de grands bouleversements physiques et émotionnels peut être particulièrement vulnérabilisante, notamment avec la fatigue, les changements hormonaux et la charge mentale liée à l’arrivée du bébé. 

La question de l’allaitement peut aussi être source de stress ou de culpabilité. Certaines personnes souhaitent allaiter mais doivent adapter leur traitement, tandis que d’autres choisissent ou doivent renoncer à l’allaitement pour préserver leur équilibre psychique. Il n’existe pas de « bon » choix universel : l’important est de trouver une solution adaptée à la santé du parent et du bébé.

Enfin, le soutien joue un rôle essentiel. Pouvoir s’appuyer sur des proches, des professionnels ou des groupes de soutien peut aider à traverser la grossesse et le post-partum avec moins d’isolement.

6. Signaux d’alertes grossesse

La grossesse entraîne souvent des émotions intenses, des inquiétudes et une grande fatigue. Cependant, certains signes peuvent indiquer une souffrance psychique plus importante et méritent une attention particulière, surtout lorsqu’ils durent dans le temps, s’intensifient ou ont un impact important sur le quotidien. 

Parmi les signaux d’alerte possibles pendant la grossesse :

  • une anxiété très importante ou permanente ;
  • des crises d’angoisse ;
  • une tristesse persistante ou un sentiment de vide ;
  • un épuisement extrême qui ne s’explique pas uniquement par la grossesse ;
  • des troubles du sommeil importants ;
  • une irritabilité inhabituelle ou des variations importantes de l’humeur ;
  • une perte d’intérêt pour les activités habituelles ;
  • des pensées très culpabilisantes ou un fort sentiment d’être “incapable” d’être parent ;
  • une aggravation des symptômes psychiatriques déjà présents ;
  • des comportements à risque, des conduites auto-destructrices ou une forte impulsivité ;
  • un isolement important ;
  • des idées noires ou pensées suicidaires.

Certaines personnes peuvent également voir réapparaître des souvenirs traumatiques, des angoisses liées au corps, au contrôle ou à la parentalité. Ces réactions peuvent être particulièrement intenses chez les personnes ayant vécu des violences, des traumatismes ou certaines difficultés psychiques avant la grossesse. 

Ces signaux ne doivent pas être minimisés ni vécus dans la honte. En parler tôt à un professionnel permet souvent de mettre en place un accompagnement adapté et de prévenir une aggravation des difficultés.

7. Post-partum

Le post-partum correspond à la période qui suit l’accouchement. Contrairement aux idées reçues, il ne se limite pas aux quelques jours après la naissance : les difficultés psychiques peuvent apparaître immédiatement ou plusieurs mois plus tard. Cette période représente l’une des fenêtres de vulnérabilité psychiatrique les plus importantes de la vie. 

Plusieurs facteurs peuvent fragiliser l’équilibre psychique : les changements hormonaux brutaux, le manque de sommeil, la récupération physique après l’accouchement, la charge mentale, l’isolement, les difficultés d’allaitement, les modifications du couple ou encore le bouleversement identitaire lié au fait de devenir parent. 

Le post-partum est souvent idéalisé socialement, ce qui peut accentuer la culpabilité des personnes qui ne se sentent pas « heureuses » ou épanouies après la naissance. Pourtant, il est possible d’aimer son enfant et de souffrir psychiquement en même temps.

Le post-partum tardif reste encore trop peu reconnu. Pourtant, certaines difficultés psychiques apparaissent progressivement après plusieurs mois, lorsque l’épuisement s’accumule et que le soutien diminue. Il est donc important de rappeler qu’il n’existe pas de « date limite » pour demander de l’aide après une naissance.

Le baby blues est fréquent dans les jours suivant l’accouchement. Il peut se manifester par des pleurs, une hypersensibilité émotionnelle, de l’irritabilité, une anxiété importante ou un sentiment d’être dépassé. Ces manifestations apparaissent généralement rapidement après la naissance et disparaissent en quelques jours sans prise en charge spécifique. 

Le baby blues ne signifie pas qu’il y a un trouble psychiatrique, mais il peut être difficile à vivre et mérite d’être accueilli avec bienveillance.

La dépression post-partum est plus intense et plus durable qu’un baby blues. Elle peut apparaître dans les semaines suivant l’accouchement, mais aussi plusieurs mois plus tard. 

Elle peut se manifester par :

  • une tristesse persistante ;
  • un épuisement extrême ;
  • une perte d’intérêt ou de plaisir ;
  • une forte culpabilité ;
  • un sentiment d’échec parental ;
  • une anxiété importante ;
  • des difficultés à créer du lien avec le bébé ;
  • un sentiment d’étrangeté ou de détachement envers le bébé ;
  • des idées intrusives concernant le bébé ;
  • des idées noires ou suicidaires.

Les idées intrusives sont relativement fréquentes en post-partum : il s’agit de pensées ou d’images violentes ou angoissantes qui surgissent malgré soi. Elles sont souvent très culpabilisantes. Avoir des idées intrusives ne signifie pas vouloir passer à l’acte, mais lorsqu’elles deviennent envahissantes ou très angoissantes, il est important d’en parler.

La psychose puerpérale est rare, mais constitue une urgence psychiatrique absolue. Elle apparaît le plus souvent dans les jours ou semaines suivant l’accouchement. 

Les signes d’alerte peuvent inclure :

  • une insomnie totale ou quasi totale non liée uniquement aux réveils du bébé
  • une agitation importante ;
  • une confusion ;
  • des idées délirantes ;
  • des hallucinations ;
  • une perte de contact avec la réalité ;
  • des comportements inhabituels ou désorganisés.

Cette situation nécessite une prise en charge médicale urgente afin de protéger le parent et le bébé. 

8. Prendre soin de sa santé mentale pendant la grossesse et le post-partum

Prendre soin de sa santé mentale pendant la grossesse et le post-partum est tout aussi important que prendre soin de sa santé physique. Dans ces périodes souvent intenses et fatigantes, il peut être utile de privilégier des repères simples, stables et réalistes plutôt qu’une recherche de perfection. 

Maintenir des routines et des rythmes réguliers peut aider à soutenir l’équilibre psychique : dormir dès que possible, manger suffisamment, garder quelques habitudes sécurisantes ou prévoir des moments de pause dans la journée. Le repos est essentiel, notamment parce que la fatigue peut accentuer les difficultés émotionnelles et certains symptômes psychiatriques. 

Il peut aussi être important de limiter autant que possible la surcharge mentale et les exigences excessives envers soi-même. La grossesse et le post-partum demandent déjà beaucoup d’énergie physique et psychique. Accepter de ralentir, déléguer certaines tâches ou demander de l’aide peut être nécessaire. 

L’isolement peut fragiliser la santé mentale. Garder du lien avec des proches de confiance, des professionnels ou des groupes de soutien peut permettre de se sentir moins seul face aux difficultés rencontrées. 

Certaines stratégies de régulation émotionnelle peuvent également être utiles : respiration, cohérence cardiaque, activité créative, écriture, mouvements doux, temps sensoriels apaisants, thérapie ou autres outils déjà connus et aidants pour la personne. 

Enfin, évoluer dans un environnement bienveillant et non jugeant joue un rôle important. Un parent n’a pas besoin d’être parfait : il a surtout besoin d’être soutenu, écouté et accompagné lorsque cela est nécessaire.

9. Les professionnels pouvant accompagner pendant la grossesse et le post-partum

Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne « grave » pour demander de l’aide. Différents professionnels peuvent accompagner les personnes vivant avec un ou plusieurs troubles psychiques pendant la grossesse et après l’accouchement. 

La sage-femme 

La sage-femme joue un rôle important dans le suivi de la grossesse, du post-partum et de la santé mentale périnatale. Elle peut être un premier interlocuteur pour parler de ses inquiétudes, de ses difficultés psychiques ou de son vécu émotionnel. 

Depuis 2020, l’entretien prénatal précoce est proposé de manière systématique pendant la grossesse. Cet échange permet d’aborder les besoins médicaux, psychologiques, sociaux ou familiaux de manière plus globale. Il constitue une porte d’entrée importante, encore souvent sous-utilisée, pour repérer les fragilités et orienter vers un accompagnement adapté. 

Le psychiatre 

Le psychiatre peut aider à évaluer l’état psychique, adapter les traitements si nécessaire et assurer un suivi pendant la grossesse et le post-partum. Son rôle est particulièrement important lorsqu’il existe un trouble psychique déjà connu ou un risque de rechute. 

Le psychologue 

Le psychologue peut offrir un espace d’écoute, d’accompagnement et de soutien émotionnel. Le suivi psychologique peut aider à mieux comprendre ses émotions, gérer l’anxiété, préparer l’arrivée du bébé ou travailler autour d’éventuels traumatismes. 

Le médecin généraliste 

Le médecin traitant peut repérer des signes de souffrance psychique, orienter vers des spécialistes et participer au suivi global de la santé physique et mentale. 

La PMI (Protection Maternelle et Infantile) 

Les professionnels de PMI peuvent accompagner les parents pendant la grossesse et après la naissance, notamment autour du soutien à la parentalité, du lien avec le bébé et des difficultés psychologiques ou sociales. 

Le CMP (Centre Médico-Psychologique) 

Le CMP propose des consultations psychiatriques et psychologiques accessibles dans le secteur public. Il peut permettre un suivi régulier et coordonné. 

Les UMB (Unités Mère Bébé) 

Il existe également des unités mère-bébé (UMB), structures spécialisées permettant une prise en charge psychiatrique du parent tout en maintenant le lien avec le bébé lorsque la

situation le nécessite. Ces dispositifs restent encore peu connus du grand public, mais peuvent être précieux dans certaines situations complexes. 

Pour les professionnels : dispositifs spécialisés 

Certaines maternités disposent de staffs de psychiatrie périnatale permettant des échanges entre professionnels autour des situations nécessitant une attention particulière.

Avoir des difficultés psychiques pendant la grossesse ou le post-partum ne fait pas de quelqu’un un « mauvais parent ». 

La souffrance psychique n’est ni un manque d’amour, ni un manque de volonté. 

Il est possible d’aimer profondément son enfant tout en étant épuisé, anxieux, perdu ou en difficulté. Les émotions ambivalentes, les doutes et la fatigue font partie de nombreuses expériences parentales, même lorsqu’on en parle peu. 

Demander de l’aide, avoir besoin d’un traitement, d’un suivi ou de soutien n’est pas un échec. Au contraire, reconnaître ses limites et chercher de l’accompagnement est souvent une démarche de protection pour soi-même et pour son enfant. 

Un parent n’a pas besoin d’être parfait pour être un parent suffisamment sécurisant et aimant.

Ressources utiles

En cas d’urgence ou de détresse psychique

  • 3114 : Numéro national de prévention du suicide, accessible 24h/24 et 7j/7
  • 15 (SAMU) ou 112 : En cas d’urgence immédiate ou de danger
  • Urgences psychiatriques ou urgences générales les plus proches en cas de crise importante, idées suicidaires, perte de contact avec la réalité ou psychose puerpérale

Informations et soutien autour de la périnatalité et de la santé mentale 

  • Maman Blues : Association d’information et de soutien autour de la dépression du post-partum et des difficultés maternelles
  • Alliance Francophone pour la Santé Mentale Périnatale : Ressources, informations et sensibilisation autour de la santé mentale périnatale
  • Allo Parents Bébé : Ligne d’écoute et de soutien à la parentalité : 0 800 00 3456
  • Les 1000 premiers jours : Informations autour de la grossesse, du post-partum, de la parentalité et de la santé mentale
  • Application 1000 premiers jours : Application gratuite destinée aux futurs et jeunes parents

Médicaments et grossesse 

  • CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) : Informations de référence sur les médicaments, traitements, grossesse et allaitement. Les informations présentes sur le site ne remplacent pas un avis médical.

Associations et soutien psychique 

  • UNAFAM : Association de soutien et d’information autour des troubles psychiques pour les personnes concernées et leurs proches
  • Psycom : Ressources accessibles sur la santé mentale, les troubles psychiques et les soins
  • Nightline France : Ligne d’écoute pour les étudiants en détresse psychologique.

Fiche rédigée par Noémie Berlioz. Mise en ligne le 01-09-2026