La douleur est une répercussion fréquente de nombreuses dermatoses bulleuses. Elle peut être liée aux bulles, aux érosions de la peau ou des muqueuses, aux plaies et aux soins, notamment lors des changements de pansements. Dans une étude portant sur le pemphigus, 50 % des personnes rapportaient des douleurs ou un inconfort. Dans certaines formes, la douleur peut également présenter des caractéristiques neuropathiques : dans une étude consacrée à l’épidermolyse bulleuse simple localisée, 75 % des participants douloureux présentaient une douleur neuropathique.
Les démangeaisons (prurit) peuvent également être particulièrement importantes. Elles sont notamment très fréquentes dans la pemphigoïde bulleuse : dans une étude francaise, 85 % des personnes présentaient des démangeaisons quotidiennement Le prurit peut perturber les activités quotidiennes et le sommeil. Une étude multicentrique récente a ainsi retrouvé une insomnie chez 34,4 % des personnes atteintes de pemphigoïde bulleuse.
Les lésions de la peau et des muqueuses altèrent également la barrière protectrice de l'organisme et peuvent favoriser certaines infections. Ce risque peut être augmenté par les traitements qui diminuent l'activité du système immunitaire, comme les corticoïdes ou certains immunosuppresseurs.
Au-delà des symptômes physiques, les dermatoses bulleuses peuvent avoir des répercussions importantes sur la vie quotidienne, les activités, les relations sociales et la santé psychologique. Une revue systématique regroupant plus de 83 000 personnes a retrouvé un diagnostic de dépression chez 11 à 28 % des personnes atteintes de dermatoses bulleuses étudiées.