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Les diabètes

1. Qu'est ce que le diabète et quels sont les différents types ?

Le diabète est une maladie chronique qui est caractérisée par un excès permanent de sucre dans le sang. C’est l’hyperglycémie

L’insuline, fabriquée par le pancréas permet de maintenir une glycémie normale.  Cependant, dans le diabète, le pancréas ne produit plus assez d’insuline et le sucre s’accumule dans le sang : cette hyperglycémie chronique définit le diabète. 

L’hyperglycémie chronique endommage les vaisseaux et les nerfs via un stress oxydatif ( inflammation ), par un épaississement de la membrane basale (des vaisseaux) et par la formation de produits de glycation avancée.

Nous pouvons distinguer plusieurs types de diabètes :

  • Le diabète de type I :

Est une maladie auto-immune, qui est généralement d’apparition brutale. Il existe dans ce cas une destruction des cellules bêta du pancréas qui produisent l’insuline. Le diabète de type I touche environ 5 à 10% des cas et apparait souvent chez le jeune enfant, l’adolescent et le jeune adulte, même si cela est possible à tout âge.

  • Le diabète de type II :

Est une résistance à l’insuline et un déficit de sécrétion d’insuline. L’apparition est généralement progressive et peut être asymptomatique pendant plusieurs années. Cela touche environ 90% des cas et est plus fréquent après 40 ans, mais est en  augmentation chez les plus jeunes.

  • Le diabète gestationnel :

Le diabète gestationnel résulte d’un déséquilibre entre l’augmentation de la résistance à l’insuline due aux hormones de la grossesse et la capacité du pancréas à produire suffisamment d’insuline pour y faire face. Dans la plupart des cas, le diabète gestationnel disparaît après l’accouchement.

  • Les diabètes MODY :

C’est des formes rares de diabète d’origine génétique. Ils sont causés par la mutation d’un seul gène (il en existe une quinzaine) qui perturbe la production d’insuline par le pancréas.  

Ils apparaissent généralement chez le jeune adulte vers 25-30 ans, de corpulence normale avec une hyperglycémie souvent modérée. Au départ, il peut être confondu avec le diabète de type I ou II.  

Le diagnostic est confirmé par un test génétique

Le traitement va dépendre du gène en cause :

  • Simple surveillance ;
  • Médicaments oraux ;
  • Insuline.


Il existe aussi d’autres formes de diabètes beaucoup plus rares, qui peuvent être liés à une prise de médicaments, une maladie du pancréas…

2. Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Il existe différentes causes et facteurs de risques du diabète, en distinguant les grands types :  

Pour le diabète de type I :

  • Prédisposition génétique ;
  • Facteurs environnementaux : infections virales, carence…

Pour le diabète de type II :

  • Facteurs liés au mode de vie : surpoids, sédentarité, alimentation déséquilibrée, tabagisme… 
  • Facteurs non évitables : l’âge, antécédents familiaux de diabète, syndrome des ovaires polykystiques, certaines prises médicamenteuses.

3. Quels sont les symptômes ?

Les principaux symptômes du diabète sont : 

  • Fatigue intense ;
  • Soif importante (polydipsie) et envies d’uriner fréquentes (polyurie) ;
  • Vision floue ;
  • Faim importante ;
  • Perte de poids inexpliquée (plus fréquente dans le diabète de type I) ;
  • Infections récurrentes, mauvaise cicatrisation, fourmillements dans les membres supérieurs et inférieurs.  

Ces différents symptômes peuvent survenir rapidement, notamment dans le diabète de  type I . A l’inverse, le diabète de type II peut, dans certains cas, être plus discret. Certaines personnes ne ressentent aucun symptôme particulier.

4. Comment les diagnostique-t-on ?

Le diagnostic s’effectue par différentes analyses et examens : 

  • Un prélèvement veineux : Le diagnostic du diabète est posé lorsque la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26g/L (7,0 mmol/L) à deux reprises, ou alors si la glycémie est supérieure ou égale à 2g/L à n’importe quel moment de la journée et qu’il y a des symptômes.  
  • Analyse d’urines : mesure de la protéinurie (albuminurie) et de la créatininurie.
  • Écho-doppler : pour diagnostiquer une artériopathie périphérique.
  • Électroneuromyographie (ENMG) : en cas de neuropathie. 
  • Le test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) peut aussi être prescrit, et est notamment utilisé pendant la grossesse lorsqu’il y a un risque de diabète  gestationnel. 

De plus, le dosage de l’HbA1c (hémoglobine glyquée) permet de suivre l’équilibre sur le long terme et évaluer le risque de complications en cas de diabète non contrôlé.  L’HbA1c reflète la glycémie moyenne des 2 à 3 derniers mois, à la différence de la  glycémie qui est une mesure sur l’instant T, au moment du prélèvement.

5. Quelles sont les complications possibles ?

Lorsque qu’un diabète n’est pas pris en charge, ou mal contrôlé, il existe plusieurs complications : 

  • Risque accru de maladies cardiovasculaires : AVC, infarctus  ;
  • Neuropathie : douleurs, fourmillements, paresthésies ;
  • Infections plus fréquentes ;
  • Atteintes oculaires : rétinopathie pouvant entraîner une cécité totale, vision floue ;
  • Atteinte rénale : néphropathie pouvant entrainer une insuffisance rénale ;
  • Pied diabétique : ulcères, infections voire amputation.

Un suivi régulier permet de limiter et de contrôler fortement tous ces risques. Un suivi pluridisciplinaire est donc indispensable dans la prise en charge du diabète.

De plus, la grossesse chez les femmes atteintes d’un diabète de type I est susceptible de favoriser l’aggravation ou l’apparition d’une rétinopathie oculaire. Ce phénomène résulte de plusieurs facteurs :  

  • Modifications de la circulation sanguine ;
  • Facteurs hormonaux ;
  • Variations glycémiques.
Retine normale vs diabetique

6. Quelle est la prise en charge ?

Dans le cadre d’un diabète de type I, l’insulinothérapie est généralement le seul traitement efficace. Il existe à ce jour des pompes à insuline qui permettent de rendre le patient autonome au quotidien.  

Pour le diabète de type II, des mesures hygiéno-diététiques sont dans un premier temps mises en place : alimentation équilibrée, perte de poids si nécessaire, activité physique adaptée.  

Dans un second temps, si ces mesures ne sont pas suffisamment efficaces, des médicaments oraux, appelés des hypoglycémiants ou antidiabétiques peuvent être prescrits (Metformine, Diamicron, Stagid…).

Bien que l’insuline ne soit pas le traitement de première intention dans le diabète de type  II, lorsque les traitements oraux ne sont pas efficaces et ne suffisent pas à obtenir un contrôle glycémique optimal, l’introduction d’une insulinothérapie peut être recommandée. 

L’insuline permet alors de diminuer une hyperglycémie non contrôlée, symptomatique. 

Concernant le diabète gestationnel, de l’insuline peut aussi être mise en place jusqu’à l’accouchement, voire après, jusqu’à la normalisation des glycémies. 

La prise en charge du diabète est une démarche globale visant à contrôler de façon efficace la glycémie et à prévenir les complications.  

Le diabète est une maladie multifactorielle qui touche plusieurs organes. Il est donc essentiel d’avoir un suivi pluridisciplinaire.

7. Quelle prévention ?

Le diabète de type I étant une maladie auto-immune, on ne peut empêcher son  apparition. L’OMS et l’HAS considèrent qu’il n’existe à ce jour pas de moyen d’empêcher ou de retarder l’apparition d’un diabète de type I.  

Concernant le diabète de type II, il existe des mesures simples et efficaces pouvant être mises en place afin de réduire ou retarder l’apparition de la maladie et ainsi éviter, si possible, la mise en place d’un traitement médicamenteux : 

  • Alimentation saine et équilibrée : limiter le sucre et les graisses saturées ;
  • Éviter de fumer ;
  • Maintenir un poids « santé » ou de « forme » ;
  • Pratiquer une activité physique quotidienne adaptée ;
  • Limiter la consommation d’alcool. 

Concernant le diabète gestationnel, le risque peut être réduit en :

  • Limitant une prise de poids excessive ;
  • Adoptant une alimentation saine ;
  • Maintenant une activité quotidienne adaptée selon les recommandations des spécialistes.

Les femmes ayant eu un diabète gestationnel doivent être attentives après l’accouchement car elles ont un risque plus élevé de développer un diabète de type II par la suite.

8. Quelle place de l'Education Thérapeutique du Patient dans la prise en charge du diabète ?

L’ETP est un élément central dans la prise en charge du diabète. En effet, cela permet au patient d’acquérir et de maintenir des compétences nécessaires pour mieux vivre avec sa  maladie au quotidien.  

Effectivement, cela permet au patient d’être autonome quotidiennement par exemple : 

  • En surveillant sa glycémie ;
  • En adaptant son traitement avec son médecin / infirmier ;
  • En gérant les hypoglycémies / hyperglycémies ;
  • En réalisant ses injections d’insuline 
  • En réalisant une surveillance des potentielles complications.

L’ETP permet au patient d’être acteur de sa santé. Cela permet une meilleure adhésion au traitement et une meilleure qualité de vie au quotidien.


Fiche rédigée par Léa Voegele et relue par Camille Racca. Mise en ligne le 19-09-2026.
Sources :

  • Diabète de type 2. (s. d.). Haute Autorité de Santé.
  • World Health Organization : WHO & World Health Organization : WHO. (2024, 14 novembre). Diabète.
  • Diabète | Santé publique France. (s. d.).
  • Orpha.net