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Syndrome de May-Thurner

1. Qu’est-ce que le syndrome de May-Thurner ?

Le syndrome de May-Thurner, également appelé syndrome de Cockett, correspond à une compression de la veine iliaque commune gauche associée à des manifestations cliniques.

Dans sa forme classique, la veine iliaque commune gauche est comprimée entre l’artère iliaque commune droite et la colonne vertébrale. Cette compression peut gêner le retour du sang provenant de la jambe gauche vers la veine cave inférieure et le cœur.

L’obstacle au drainage veineux peut entraîner une augmentation de la pression dans les veines situées en amont de la compression, favorisant leur dilatation et le développement de veines collatérales, notamment au niveau du pelvis. Il peut ainsi contribuer au développement d’un syndrome de congestion pelvienne.

La diminution du drainage veineux peut également favoriser la stagnation du sang et la formation d’un caillot sanguin, à l’origine d’une thrombose veineuse profonde, notamment au niveau ilio-fémoral.

Chez certains A, le syndrome de May-Thurner peut également coexister avec d’autres syndromes de compression abdominopelvienne, tels que :

2. Quels en sont les symptômes ?

Les manifestations varient d’une personne à l’autre. Elles touchent le plus souvent la jambe gauche et peuvent notamment comprendre :

  • un gonflement asymétrique de la jambe, parfois prédominant après une station debout prolongée ;
  • une sensation de jambe lourde, tendue ou pesante ;
  • des douleurs de la jambe, pouvant être majorées par la station debout prolongée ou la marche ;
  • une claudication veineuse, caractérisée par l’apparition à l’effort d’une douleur ou d’une sensation de tension liée à l'obstruction du retour veineux et s’améliorant au repos ;
  • des varices ou des réseaux veineux collatéraux, parfois de localisation inhabituelle.

Chez certaines personnes, l’obstruction de la veine iliaque peut également contribuer à des symptômes veineux pelviens, notamment des douleurs pelviennes chroniques ou des varices d’origine pelvienne.

Enfin, des données préliminaires suggèrent une association possible entre certaines compressions veineuses ilio-pelviennes, dont le syndrome de May-Thurner, et l’intolérance orthostatique ou le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS). À ce jour, les données disponibles ne permettent toutefois pas d’établir un lien de causalité ni de considérer le POTS comme un symptôme établi du syndrome de May-Thurner.

3. Quels examens permettent d’établir le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur plusieurs éléments permettant de rechercher la compression, d’en apprécier les conséquences sur la circulation veineuse et surtout de déterminer si elle peut expliquer les symptômes.

Les examens peuvent notamment comprendre :

  • une échographie-Doppler, notamment pour étudier la circulation veineuse des membres inférieurs et rechercher une éventuelle thrombose ;
  • un scanner avec injection de produit de contraste (angioscanner ou phléboscanner) permettant de visualiser les veines iliaques, la zone de compression et les éventuelles voies veineuses collatérales ;
  • une IRM des vaisseaux sanguins (angio-IRM ou phlébo-IRM), qui peut également permettre d’étudier l’anatomie et la circulation veineuse ;
  • dans certaines situations, notamment lorsqu’une intervention est envisagée, une phlébographie, consistant à visualiser les veines après injection d’un produit de contraste ;
  • une échographie intravasculaire (IVUS), réalisée à l’intérieur de la veine à l’aide d’une petite sonde et permettant d’évaluer plus précisément la zone de compression, notamment lorsqu’un traitement endovasculaire est envisagé.

À noter qu’aucun résultat d’imagerie ne doit être interprété isolément. Une compression anatomique peut être présente sans provoquer de symptômes. Le diagnostic repose donc sur la concordance entre les symptômes, l’examen clinique et les anomalies observées sur les différents examens.

Le syndrome de May-Thurner n’est toutefois pas un diagnostic d’exclusion : la présence d’autres causes possibles aux symptômes doit être recherchée lorsque cela est pertinent, mais leur exclusion systématique n’est pas nécessaire pour établir le diagnostic.

4. Quels en sont les retentissements ?

Le syndrome de Cockett peut entraîner un handicap invisible, en particulier lorsque l’obstruction veineuse provoque des douleurs, un gonflement ou une sensation de lourdeur persistante.

Ces symptômes peuvent limiter la marche, la station debout prolongée, l’activité physique ou certains déplacements. Ils peuvent également avoir un retentissement sur le travail ou les études, les activités quotidiennes, le sommeil et la vie sociale. Les manifestations pelviennes éventuellement associées peuvent également affecter la vie intime et sexuelle.

En cas de thrombose veineuse profonde, certaines personnes peuvent développer à distance un syndrome post-thrombotique, caractérisé notamment par des douleurs, un gonflement persistant, des modifications cutanées et, dans les formes les plus sévères, des ulcères veineux.

Le retentissement varie toutefois considérablement d’une personne à l’autre et ne dépend pas uniquement de l’importance apparente de la compression à l’imagerie.

5. Quelle est la prise en charge ?

La prise en charge dépend de l’intensité des symptômes et de leur retentissement sur la vie quotidienne, ainsi que de la présence éventuelle d’une thrombose.

A. Traitements interventionnels

Lorsque les symptômes sont importants et altèrent significativement la qualité de vie, un traitement endovasculaire peut être envisagé. Il consiste généralement à placer dans la veine iliaque un petit dispositif métallique, appelé stent, afin de maintenir la veine ouverte et d’améliorer le drainage veineux.

Les résultats sont globalement favorables, notamment pour les compressions iliaques non thrombotiques : la perméabilité à long terme du stent est rapportée entre 96 et 99 %, et une revue de grandes séries retrouve une disparition complète de la douleur chez environ 60 % des personnes traitées.

Les principaux risques liés à cette intervention comprennent la formation d’un caillot dans le stent (thrombose du stent), un rétrécissement à l’intérieur du stent (resténose) ou, plus rarement, une migration du stent.

Enfin, dans certaines manifestations sévères, notamment en cas de claudication veineuse invalidante, de syndrome post-thrombotique sévère ou d’ulcère veineux persistant, une reconstruction veineuse chirurgicale ou hybride peut plus rarement être envisagée lorsque les options endovasculaires seules ne sont pas adaptées.

B. Traitements médicamenteux et symptomatiques

En cas de thrombose veineuse profonde, un traitement anticoagulant est généralement prescrit afin d’éviter l’extension du caillot et de réduire le risque de récidive thrombotique. En l’absence de thrombose ou d’une autre indication spécifique, un traitement anticoagulant n’est pas systématiquement nécessaire.

Lorsque la situation ne nécessite pas de traitement interventionnel, une prise en charge conservatrice peut être proposée. Le port d’une compression veineuse, notamment sous forme de bas de compression, peut contribuer à diminuer certains symptômes liés à la stase veineuse, comme le gonflement ou la sensation de lourdeur. Cette approche est couramment utilisée dans la maladie veineuse chronique, même si les données spécifiquement consacrées au syndrome de May-Thurner restent limitées.

Concernant les autres interventions non médicamenteuses, les données spécifiques au syndrome de May-Thurner sont également très limitées. Certaines approches peuvent être proposées dans le cadre plus général de la prise en charge d’une douleur chronique, mais leur efficacité sur les symptômes directement liés au syndrome de May-Thurner n’est pas démontrée.