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Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

1. Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une pathologie hormonale caractérisée par un excès de production d’androgènes, des hormones normalement présentes en faible quantité dans l’organisme.

L’appellation « polykystique » est trompeuse. Elle remonte aux années 1930, à une époque où l’échographie n’existait pas : les médecins observaient alors des ovaires volumineux et bosselés lors d’interventions chirurgicales et les interprétaient, à tort, comme contenant de multiples kystes.

En réalité, le SOPK ne provoque pas de véritables kystes. Un kyste est une cavité fermée, remplie de liquide et entourée d’une paroi propre. Dans le SOPK, l’aspect « polykystique » correspond à une accumulation de follicules immatures : incapables de libérer leur ovule, ils restent bloqués dans leur développement et s’organisent en couronne à la périphérie de l’ovaire, donnant cet aspect caractéristique à l’échographie.

2. À quoi est-ce dû ?

Le mécanisme précis à l’origine du SOPK n’est pas entièrement élucidé, mais plusieurs éléments sont aujourd’hui bien identifiés.

  • Un déséquilibre des hormones hypophysaires LH et FSH perturbe la maturation normale des follicules et empêche leur évolution jusqu’à l’ovulation.
  • Un excès d’androgènes, produit en plus grande quantité par les ovaires, entretient le blocage de la maturation folliculaire.

Ces deux phénomènes se renforcent mutuellement, créant un véritable cercle vicieux hormonal. 

Dans certains cas, ce déséquilibre serait favorisé par une prédisposition génétique ou par des facteurs environnementaux ou métaboliques, susceptibles de modifier la sensibilité aux hormones ou la régulation de la production androgénique.

 

3. Quels sont les symptômes évocateurs ?

Les manifestations les plus fréquemment associées au SOPK sont :

  • des cycles irréguliers, espacés ou absents (oligo- ou aménorrhée) ;
  • des troubles de la fertilité, liés à des difficultés d’ovulation ;
  • des signes d’hyperandrogénie, comme l’acné, l’hirsutisme (pilosité excessive) ou la chute de cheveux ;
  • une prise de poids ou une difficulté à en perdre, variable selon les personnes ;
  • une peau ou un cuir chevelu plus gras, en lien avec l’excès d’androgènes ;
  • des douleurs pelviennes ou une sensation d’ovaires augmentés de volume, chez certaines personnes.

4. Quels examens complémentaires ?

En présence de plusieurs signes évocateurs, des examens complémentaires est généralement proposé afin de confirmer le diagnostic, d’identifier d’éventuels troubles associés et d’exclure des diagnostics différentiels pouvant présenter des symptômes similaires. ​​​​​​​​​​​​​​

A. Échographie pelvienne

Elle permet d’observer l’aspect des ovaires et de compter le nombre de follicules.
Dans le SOPK, on retrouve habituellement plus de 20 follicules par ovaire, disposés en périphérie et donnant l’aspect caractéristique en « couronne ».

B. Bilan hormonal

Il est généralement réalisé entre le 2ᵉ et le 5ᵉ jour du cycle, et au moins 15 jours après l’arrêt d’une contraception hormonale.

Il comprend notamment le dosage :

  • des androgènes (testostérone, androstènedione, DHEA-S), élevés dans environ 60 à 70 % des cas ;
  • des gonadotrophines LH et FSH : un ratio LH > FSH est retrouvé chez environ 60 % des personnes concernées ;
  • de l’AMH (hormone antimüllérienne), souvent augmentée dans le SOPK, car elle reflète le nombre élevé de follicules immatures.

C. Bilan métabolique 

Il permet de dépister d’éventuels troubles métaboliques ou endocriniens fréquemment associés au SOPK :

  • glycémie à jeun ou HGPO, pour évaluer la régulation du sucre dans le sang ;
  • insulinémie et score HOMA, pour rechercher une résistance à l’insuline ;
  • profil lipidique (cholestérol total, HDL, LDL, triglycérides), pour dépister une dyslipidémie ;
  • TSH, pour dépister une éventuelle hypothyroïdie.​​​​​​​

5. Quels sont les impacts au quotidien ?

Comme dans toute maladie chronique, les répercussions du SOPK peuvent être importantes et toucher plusieurs dimensions de la vie quotidienne.

La fatigue invalidante et les douleurs récurrentes peuvent modifier durablement le rythme et la qualité de vie, en limitant les activités quotidiennes, les déplacements, les sorties et la participation à certains événements. Ces symptômes peuvent également compliquer la vie professionnelle, en raison de la fatigabilité, des absences ou des difficultés de concentration. 

Sur le plan émotionnel, les modifications corporelles dont la prise de poids et l’hirsutisme fragilisent l’équilibre psychologique et peuvent favoriser l’apparition d’anxiété ou d'un trouble dépressif. Ils peuvent aussi avoir un impact sur l’estime de soi et sur la vie sexuelle

Enfin, la méconnaissance sur le SOPK et les retards fréquents de diagnostic contribuent souvent à un sentiment d’incompréhension, de solitude ou de frustration, renforçant la charge psychologique liée à la maladie.

6. Quelle prise en charge ?

Le SOPK nécessite une prise en charge pluridisciplinaire, adaptée à l’intensité des symptômes, à leur retentissement au quotidien et aux préférences de la personne.

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