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Le syndrome de la queue de cheval

1. Qu'est-ce que le syndrome de la queue de cheval ?

Le syndrome de la queue de cheval est une atteinte neurologique rare et grave. Elle est  causée par une compression aiguë ou subaiguë des racines nerveuses situées en dessous du cône terminal de la moelle épinière

Ce syndrome touche essentiellement les personnes âgées de 30 à 49 ans et sa prévalence est estimée à 1 personne sur 30 000 à 100 000 par an.  

La compression de ces racines lombaires altère les fonctions motrices, sensitives et végétatives des membres inférieurs, des organes pelviens (vessie, rectum, sphincters)  et du périnée. 

La moelle épinière s’arrête environ au niveau de la 1ère et 2ème vertèbre lombaire (L1 -  L2). On appelle cette extrémité le cône terminal

En dessous de ce niveau, il n’y a plus de moelle épinière, mais un faisceau de racines nerveuses qui descend dans le canal lombaire et le sacrum.  

On nomme ce faisceau « queue de cheval » uniquement en raison de son aspect anatomique : Les racines nerveuses ressemblent fortement à une queue de cheval.  

Les racines de L2 à S5 innervent :

  • Les muscles et la sensibilité des membres inférieurs ;
  • La vessie ;
  • Le périnée : zone « en selle » ;
  • Les organes génitaux ;
  • Le sphincter anal.
anatomie queue de cheval

2. A quoi est-ce du ?

Il existe plusieurs causes mais la plus fréquente (environ 45-70% des cas) est l’hernie discale lombaire massive (souvent L4-L5 et L5-S1). 

Les autres causes possibles :

  • Tumeurs ;
  • Complications post-chirurgicales (hématomes) ;
  •  Traumatismes ;
  • Infections (abcès épidural) ;
  • Sténose du canal lombaire ;
  • Malformations congénitales (ex : spina bifida) ;
  • Malformations vasculaires.

3. Quels sont les symptomes ?

En fonction de la cause, les symptômes peuvent apparaitre de façon brutale ou  progressive. 

Ces symptômes associent dans la majorité des cas à :  

  • Des douleurs lombaires intenses avec plus ou moins des irradiations dans les membres inférieurs. 
  • Des troubles sensitifs : anesthésie ou hypoesthésie « en selle » . Cela se caractérise par une perte de sensibilité au niveau du périnée, des fesses, de la région génitale et de l’intérieur des cuisses.  
  • Des troubles sphinctériens : incontinence urinaire et fécale, rétention urinaire, perte des sensations des besoins (urinaires et fécaux), constipation.  

D’autres symptômes sont aussi fréquents :

  • Paralysie des membres inférieurs ;
  • Faiblesse et abolition des réflexes ( anal, achilléens, rotuliens ) ;
  • Dysfonctionnement sexuel ;
  • Trouble de la mobilité et notamment de la marche.

Tous ces symptômes ne sont pas toujours présents en même temps. Cependant, devant une personne présentant des troubles urinaires et une perte de sensibilité dite « en selle » , le diagnostic du syndrome de la queue de cheval doit être évoqué.

4. Comment le diagnostique-t-on ?

Le diagnostic est dans un premier temps clinique : il repose sur un interrogatoire complet et sur un examen neurologique approfondi. 

Dans un second temps, lorsque le diagnostic de syndrome de la queue de cheval est évoqué et suspecté, une imagerie en urgence est effectuée : IRM.  

Dans certains cas, d’autres examens complémentaires peuvent être demandés :

  • échographie vésicale : pour confirmer une rétention urinaire ;
  • EMG ( électromyogramme ) : rarement en urgence mais plutôt pour le suivi ;
  • Bilan sanguin selon le contexte. 

5. Quelle est la prise en charge ?

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence chirurgicale. 

Le traitement consiste en une décompression chirurgicale. L’intervention doit se faire le plus rapidement possible, idéalement dans les 24h à 48h pour éviter et limiter les complications et les séquelles à long terme. 

L’intervention chirurgicale consiste généralement en une laminectomie, qui consiste au retrait d’une partie ou de la totalité de la lame vertébrale (partie osseuse postérieure d’une ou plusieurs vertèbres). Cette intervention permet d’élargir le canal rachidien (sténose lombaire) afin de lever la compression des racines nerveuses. 

Si besoin, une discectomie est aussi pratiquée. Il s’agit d’une ablation totale ou partielle d’un disque intervertébral, réalisée pour retirer une hernie discale qui comprime un nerf afin de soulager les douleurs et de limiter les séquelles. 

D’autres traitements peuvent être adaptés, secondairement, en fonction de la cause :

  • Corticoïdes ;
  • Radiothérapie en cas de tumeur ;
  • Antibiothérapie si la cause est infectieuse.

6. Quel est son prognostic ?

Un traitement précoce permet d’éviter des séquelles graves. Plus la compression est longue, plus le risque de lésions irréversibles augmente. 

Une décompression chirurgicale rapide permet de diminuer rapidement les douleurs lombaires intenses et les douleurs de sciatique. 

Malheureusement, même après une intervention chirurgicale effectuée dans les 24/48h,  une proportion non négligeable de patients conserveront des séquelles significatives qui impactent la qualité de vie.  

La récupération se poursuit généralement pendant les 12-24 premiers mois et parfois jusqu’à 2 à 5 ans pour certaines fonctions, mais elle est très rarement complète. 

7. Quel suivi sur le long terme ?

Le syndrome de la queue de cheval affecte dans la majorité des cas simultanément plusieurs fonctions.  

Il est donc indispensable d’avoir un suivi pluridisciplinaire au long cours afin de :

  • Prévenir les complications (infections urinaires, constipation, douleurs chroniques…) ;
  • Optimiser la récupération neurologique ;
  • Compenser les séquelles persistantes (troubles urinaires et fécaux, de la marche, sensitifs…) ;
  • Optimiser l’autonomie et la qualité de vie du patient.

Ce suivi fait généralement intervenir plusieurs intervenants :  

  • Spécialistes : Neurochirurgien, Urologue, Médecin de médecine Physique et de réadaptation (MPR), Algologue (médecin de la douleur), Sexologue ;
  • Ergothérapeute ;
  • Kinésithérapeute ;
  • Infirmière ;
  • Psychologue / Psychiatre ;
  • Diététicienne.

Les intervenants et la fréquence du suivi varient selon les séquelles de chaque personne.

8. Quelle place a l'Education Thérapeutique du Patient ?

L’éducation thérapeutique joue un rôle essentiel et central dans le syndrome de la  queue de cheval.  

En effet, dans le cas de certaines personnes, l’atteinte des racines nerveuses contrôlant la fonction vésicale et sphinctérienne peuvent entrainer :  

  • Une rétention urinaire chronique ;
  • Des troubles ano-rectaux.

Les sondages urinaires intermittents et dans certains cas, les grands lavements par un système d’irrigation trans-anale (Peristeen) peuvent être les seuls traitements efficaces pour pallier ces troubles.  

L’éducation thérapeutique du patient joue un rôle essentiel

  • Acquérir des compétences nécessaires pour réaliser les gestes techniques dans les bonnes pratiques. 
  • Prévenir les complications (infections urinaires, constipation, fécalome, occlusion…).
  • Rendre autonome le patient.
  • Améliorer le confort et la qualité de vie du patient.

Fiche rédigée par Léa Voegele et relue par Camille Racca. Mise en ligne le 21-09-2026.
Sources :