La prise en charge de l'AVF repose sur une approche pragmatique, souvent fondée sur des essais successifs de traitements. Peu d’options thérapeutiques ont été spécifiquement développées pour cette pathologie, et certaines sont utilisées en dehors de leur autorisation de mise sur le marché.
A. Les traitements de crise
Les traitements de crise visent à interrompre la crise ou à en réduire rapidement l’intensité. Ils doivent être administrés le plus précocement possible.
L’oxygénothérapie à haut débit, administrée au masque adapté, constitue un traitement de première intention (voir fiche « Oxygénothérapie dans l’algie vasculaire de la face : conseils pratiques »).
Le sumatriptan, administré par voie sous-cutanée, est également très efficace. À défaut, une forme en spray nasal peut être utilisée. Son utilisation est généralement limitée à deux prises par jour, en raison du risque d’effets indésirables vasculaires.
B. Les traitements transitionnels
Les traitements transitionnels ont pour objectif de contrôler les crises lors d’une exacerbation, en attendant l’efficacité du traitement de fond.
La corticothérapie est le plus souvent utilisée, sous forme orale à forte dose, intraveineuse ou par infiltrations des nerfs grands occipitaux.
C. Les traitements de fond
Les traitements de fond visent à réduire la fréquence et l’intensité des crises sur le long terme.
Le vérapamil constitue le traitement de référence, souvent utilisé à forte dose, nécessitant une surveillance cardiologique régulière.
Le lithium peut également être proposé, seul ou en association, avec une surveillance biologique adaptée, notamment en raison de ses effets indésirables rénaux.
D’autres options peuvent être envisagées dans certaines situations, bien que leur niveau de preuve soit variable : certains antidépresseurs ou antiépileptiques, les anticorps anti-CGRP, la toxine botulique, ou encore la kétamine, parfois associée au magnésium.
Des substances psychédéliques font actuellement l’objet de recherches, mais ne sont pas autorisées en France.
D. Les approches interventionnelles et chirurgicales
Dans les formes chroniques réfractaires, des approches interventionnelles peuvent être discutées dans des centres spécialisés.
La stimulation des nerfs grands occipitaux est la technique la plus utilisée. La stimulation cérébrale profonde reste une option exceptionnelle, encore considérée comme expérimentale.
D’autres techniques peuvent être proposées au cas par cas, le plus souvent dans un cadre spécialisé ou de recherche.