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Oxygénothérapie dans l’algie vasculaire de la face : conseils pratiques

L’oxygène médical constitue le traitement de première intention des crises d’algie vasculaire de la face (AVF). Il présente peu de risques et peut être très efficace lorsqu’il est utilisé correctement. En revanche, il n’a aucun intérêt en prévention.

Son efficacité dépend directement de son utilisation : type de matériel, position du corps, technique respiratoire et débit administré. En l’absence d’éducation thérapeutique adaptée, il n’est pas rare que l’oxygène soit considéré à tort comme inefficace.

Cette fiche propose des recommandations pratiques, issues notamment de l’expérience de la pair-aidance depuis les années 2000, permettant d’optimiser son utilisation.

Les contre-indications à l’oxygène à haut débit existent et doivent être évaluées par le médecin.

Les principaux effets indésirables sont une sécheresse buccale et des muqueuses, pouvant favoriser les caries ou de petits saignements de nez. Un rinçage buccal après chaque utilisation et un lavage de nez quotidien les jours d’utilisation sont recommandés.

L’oxygène à haut débit ne doit pas être utilisé de manière prolongée. Les masques recommandés ne comportent volontairement pas de système d’attache afin d’éviter tout risque en cas d’endormissement après une crise.

1. Quand et comment utiliser l'oxygène ?

L’oxygène est d’autant plus efficace qu’il est débuté dès les premiers signes de la crise, idéalement avant le pic douloureux. Plus il est initié tardivement, moins il est efficace.

À l’initiation, le débit doit être porté à 15 litres par minute. Pour une utilisation optimale, la position assise est recommandée ; à défaut, la position accroupie peut être adoptée. Il est déconseillé de rester debout, en raison du risque de chute, ou de s’allonger, car les capacités respiratoires sont alors diminuées.

Lorsque la douleur diminue depuis plusieurs minutes, le débit peut être réduit à 12 litres par minute. En cas de réaugmentation de la douleur, il convient de revenir immédiatement à 15 litres par minute.

Une fois la crise contrôlée, il est recommandé de poursuivre l’oxygénothérapie pendant quelques minutes supplémentaires, ou éventuellement de réduire le débit à 9 litres par minute, sans descendre en dessous. Une durée minimale d’environ 10 minutes après la fin de la crise est généralement nécessaire.

Un arrêt trop précoce ou trop brutal expose à un effet rebond : la crise reprend, souvent plus intense et plus difficile à traiter, dans un contexte d’épuisement.

En cas de crise résistante, il est possible de prolonger l’utilisation jusqu’à 30 minutes, ou de faire une pause de 5 minutes après 15 à 20 minutes, puis de reprendre.

Le bon débit est atteint lorsque le ballon de réserve ne se vide pas complètement à l’inspiration. À l’inverse, s’il se remplit plus rapidement que le rythme respiratoire et que la douleur diminue, le débit peut être légèrement réduit.

2. Quel matériel utiliser ?

L’oxygène doit être délivré en bonbonnes, sur prescription médicale (neurologue, algologue ou ORL), avec la mention « AVF, forfaits 28, 29 ». Les concentrateurs ne sont pas adaptés à cette indication.

Le masque de référence disponible en France est l'Optimask, remboursé sur prescription.

En pratique, en l’absence de prescription spécifique, un masque à haute concentration est souvent fourni. Ce type de masque peut entraîner une perte d’oxygène allant jusqu’à 40 %, en raison d’une mauvaise étanchéité, ce qui réduit fortement l’efficacité du traitement. De plus, sa réserve (1 litre) est insuffisante.

Une réserve d’au moins 2 litres est nécessaire, idéalement 3 litres, comme avec l’Optimask.

Si ce masque n’est pas accessible, il est possible d’utiliser :

  • un kit O2uch (association OUCH Belgique),
  • un kit ClusterO2 (association ClusterBusters, États-Unis).

Ces alternatives ne sont pas remboursées.

3. Comment trouver le bon rythme respiratoire ?

Le principe fondamental est de remplir et vider complètement les poumons à chaque respiration.

Pour y parvenir, il peut être utile d’accompagner la respiration par le mouvement du corps : expansion thoracique à l’inspiration, puis flexion vers l’avant à l’expiration.

Plusieurs techniques respiratoires peuvent être utilisées. Leur efficacité varie selon les situations, et il est souvent nécessaire d’expérimenter afin de trouver celle qui convient le mieux à chaque crise.

Les techniques les plus utilisées sont  :

  • Méthode lente avec décompte : inspiration complète, apnée avec comptage, puis expiration complète, avec un rythme constant.
  • Rythme accéléré : inspiration et expiration complètes, sans pause, à une fréquence légèrement supérieure à la normale.
  • Hyperventilation : respiration rapide et profonde, à utiliser avec prudence et sur une durée limitée.
  • Respiration de travail : séries de respirations rapides (inspiration/expiration), suivies d’une inspiration profonde avec apnée prolongée.

Témoignage

« Souffrant d’AVF chronique, j’ai failli abandonner l’oxygénothérapie 9 mois après sa mise en place, car je trouvais que j’y répondais très mal et mon médecin était du même avis.

Beaucoup de mes crises ne cédaient jamais à l’oxygène. Les autres duraient systématiquement plus de 40 minutes et la douleur baissait très tardivement. J’avais de nombreux effets rebonds, que je pensais être des « crises très rapprochées ».

J’ai commencé par changer de masque, puis j’ai appris à me positionner et à respirer. Maintenant, sauf crise rebelle (c’est normal d’en avoir, vous ne serez pas en échec pour autant), mes crises traitées à temps par oxygène durent moins de 20 minutes »

- Cécilie Cordier

Si vous avez des questions ou des idées de projet sur l'algie vasculaire de la face, vous pouvez contacter : 

Cécilie Cordier, cécilie.cordier@drawyourfight.org, patiente référente sur l'AVF de DRAW YOUR FIGHT


Fiche rédigée par Cécilie Cordier et relue par Camille Racca. Mise en ligne le 21-03-2026.