Draw Your Fight

Névralgie d’Arnold ou névralgie du grand occipital

1. Qu’est ce que la Névralgie d’Arnold ?

La névralgie d’Arnold est une douleur d’origine nerveuse provoquée par la compression du nerf d’Arnold (ou nerf grand occipital). Le nerf est chargé d’innerver (envoyer des messages nerveux) les muscles profonds du cou. Il a un rôle moteur (mobilité du cou) et un rôle sensitif (qui nous permet de sentir le cuir chevelu).

La compression du nerf provoque d’importantes douleurs à la tête pour le patient. La névralgie d’Arnold est parfois confondue avec la migraine.

2. Quelles en sont les causes ?

Plusieurs causes peuvent être à l’origine d’une névralgie d’Arnold. Celles-ci peuvent être provoquées par quelque chose ou être spontanées, et se développer seules. Les différentes causes de névralgie d’Arnold, comprennent notamment :

  • La compression nerveuse (tensions musculaires dans le cou, soit par des antécédents structurels de la colonne vertébrale, tels que l’arthrose cervicale ou les hernies discales) : C’est la cause la plus fréquente de la névralgie d’Arnold ;
  • Les maladies inflammatoires comme les infections, l'arthrose, la polyarthrite rhumatoïde,  les réactions auto-immunes, ou la fibromyalgie ;
  • Les traumatismes à la tête ou au cou, dont les blessures sportives, les accidents de voiture ou un coup direct à la tête, peuvent également provoquer une névralgie d’Arnold en endommageant directement le nerf occipital ;
  • Le stress émotionnel ou physique excessif peut entraîner une tension musculaire au niveau du cou et des épaules ;
  • Les facteurs génétiques : Des études suggèrent qu’il peut exister une prédisposition génétique à l’origine des névralgies d’Arnold.

La névralgie d’Arnold peut être provoquée par la coexistence de plusieurs de ces causes au sein d’un même patient. Leur identification est cruciale pour écarter les diagnostics différentiels de la névralgie d’Arnold dont les symptômes peuvent porter à confusion, mais dont les causes et facteurs de risques sont différents, comme les migraines ou les céphalées de tension.

Cette pathologie étant multifactorielle, il est essentiel d’identifier sa cause spécifique pour mettre en place un traitement adapté.

3. Quels sont les symptômes ?

Les symptômes sont les suivants :

  • Douleurs lancinantes ou pulsantes au niveau de la base du crâne ou des tempes (sensations de brûlures ou de décharges électriques).  Elle est la plupart du temps unilatérale (d’un seul côté) mais peut être bilatérale (des deux côtés) ;
  • Douleurs derrière les yeux ou dans les yeux (sensations de pression ou de brûlure) ;
  • Sensations de picotements ou d'engourdissement au niveau du cou et du cuir chevelu (intermittentes ou persistantes) ;
  • Sensibilité accrue du cuir chevelu, où de légères pressions déclenchent des douleurs ;
  • Des céphalées peuvent aussi survenir suite à une irritation du nerf d’Arnold.

La douleur peut être déclenchée ou aggravée par des activités spécifiques, comme les mouvements du cou, le toucher du cuir chevelu ou même par l’exposition à des températures froides. Elles peuvent s’accompagner de paresthésies à type de brûlures ou décharges électriques dans la nuque.

4. Comment est-elle diagnostiquée ?

Selon la Classification Internationale des Céphalées (ICHD-3), la névralgie d’Arnold est une douleur unilatérale (d’un seul côté) ou bilatérale (des deux côtés) dans le(s) territoire(s) du grand, du petit ou de la 3ème branche du nerf occipital et répondant aux critères B-D.

B. La douleur a au moins deux des trois caractéristiques suivantes :

  • Récurrente lors de crises paroxystiques durant quelques secondes ou minutes ;
  • Intensité sévère ;
  • A type d’élancement, de coup de poignard ou de piqûre.

C. La douleur est associée aux deux éléments suivants :

  • Dysesthésie et/ou allodynie (douleur à un stimulus normalement non douloureux) évidente lors de la stimulation normalement indolore du cuir chevelu et/ou des cheveux ;
  • L’un des éléments suivants ou les deux :
    • sensibilité à la palpation des branches nerveuses touchées ;
    • zones gâchettes à l’émergence du grand nerf occipital ou dans le territoire de C2.

D. La douleur est soulagée temporairement par un bloc anesthésique local du ou des nerfs atteints.

E. N’est pas mieux expliquée par un autre diagnostic de l’ICHD-3.

Le médecin réalise un examen clinique et neurologique pour identifier une sensibilité. Un interrogatoire permet de retracer l’histoire de la pathologie, permettant ainsi d'avoir une vue d'ensemble sur l'évolution des symptômes et d'identifier d'éventuels facteurs déclencheurs. 

En complément, un examen physique complet est réalisé : mesure de la pression artérielle, examen du cuir chevelu et un examen neurologique. 

L’imagerie (IRM ou scanner) peut être réalisée pour exclure d’autres pathologies.

Quelle est la prise en charge et les traitements ?

Les approches médicamenteuses :

  • Les analgésiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les relaxants musculaires  afin de calmer la douleur et l’inflammation. Si ce sont des stratégies efficaces, elles ne le sont que temporairement, et leur usage à moyen ou long terme entraîne des effets indésirables ;
  • Le bloc nerveux occipital consiste à injecter un anesthésique local en association avec des corticostéroïdes autour du nerf occipital pour réduire l'inflammation et soulager la douleur ;
  • La toxine botulique est parfois proposée ;
  • La cryothérapie : utilisation du froid pour désactiver les fibres nerveuses responsables de la douleur et de l'inflammation et stimuler la guérison des tissus endommagés : un diagnostic préalable par un neurologue est indispensable pour une cryothérapie de la névralgie d’Arnold.

L’approche physique : Des séances de kinésithérapie pour renforcer les muscles du cou, afin d’améliorer la posture et réduire la tension musculaire de repos. 

L’approche naturelle : La phytothérapie, l’acupuncture, la naturopathie, techniques de relaxation et de gestion du stress

L’approche chirurgicale : Dans les cas les plus invalidants, la chirurgie peut être  indiquée pour décompresser ou libérer le nerf.


Fiche rédigée par Clarisse MOUCHARD et relue par Marion CAHEN. Mise en ligne le 12-05-2026.

Sources :