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Covid long

1. Qu'est-ce que le Covid Long ?

Le Covid Long est une pathologie qui se manifeste par des symptômes persistants après une infection par le SARS-CoV-2, quelle que soit la gravité de l'épisode infectieux initial, même s'il est léger ou asymptomatique.
 

La prévalence du Covid Long varie selon les études mais on estime qu'environ 10 % des personnes ayant eu une infection au Covid-19 développent des symptômes persistants. Les adultes et les enfants peuvent être concernés.

Le Covid Long est reconnu depuis 2020 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle défit le Covid long comme : "une affection qui apparaît généralement dans les trois mois suivant l’infection initiale, probable ou confirmée, par le SARS-CoV-2 et qui se caractérise par des symptômes qui persistent au moins deux mois et ne peuvent être expliqués par un autre diagnostic".

La HAS qualifie de symptômes prolongés de Covid-19 les symptômes qui se manifestent au-delà de 4 semaines après la phase aiguë de la maladie et qui ne peuvent pas être expliqués par une autre maladie.

2. Comment se manifeste t’il ?

Les symptômes les plus courants du Covid long sont :

  • une fatigue sévère et persistante,
  • des troubles cardio-respiratoires, en particulier un essoufflement 
  • des dysfonctionnements cognitifs (brouillard cérébral, problème de concentration, de mémoire)

De nombreux autres symptômes peuvent également coexistent. Plus de 200 ont été répertoriés à ce jour par l’OMS. Ces symptômes peuvent persister depuis la maladie initiale ou apparaître par la suite. Ils peuvent également fluctuer au cours du temps, notamment après une activité physique et/ou cognitive qui pourrait sembler totalement anodine pour une personne en bonne santé.

3. Comment est-il diagnostiqué ?

Le diagnostic du Covid Long repose avant tout sur un tableau clinique.

Il n'existe actuellement pas d'examen spécifique permettant de diagnostiquer un Covid Long. Par exemple, il n’y a pas de marqueur biologique identifié aujourd’hui dans le sang, pour caractériser un Covid Long. Certains hypométabolismes cérébraux caractéristiques du Covid Long peuvent tout de même être observés par un TEP-scan chez certains patients.

En l'absence de critères stricts ou de tests spécifiques, le diagnostic du Covid Long est donc basé sur une évaluation globale des symptômes persistants, en cherchant à exclure d'autres causes possibles.

4. Quels en sont les retentissements ?

Le Covid Long peut avoir un retentissement majeur sur la qualité de vie, avec des symptômes pouvant être un handicap visible ou invisible.
 

La fatigue et l'épuisement peuvent limiter considérablement la capacité à accomplir des tâches quotidiennes. Les troubles cognitifs comme le brouillard cérébral, des problèmes de concentration, de mémoire peuvent affecter les tâches personnelles et professionnelles. Des activités physiques et/ou cognitives, totalement anodines pour une personne en bonne santé, peuvent provoquer une exacerbation des symptômes (on parle alors de malaises post-effort) et peuvent nécessiter une longue période de repos pour récupérer, d’autant plus que le sommeil est souvent non-réparateur.

Beaucoup de personnes atteintes de Covid Long sont en difficulté pour maintenir leur activité professionnelle. Il peut être nécessaire de procéder à des adaptations, comme une réduction du temps de travail ou de pouvoir faire du télétravail en cas de nécessité. Mais de nombreux patients ont perdu leur emploi et peuvent se retrouver en situation de précarité. 

L'impact sur la vie personnelle est également important. Les limitations physiques et/ou cognitives entraînent souvent une réduction des activités sociales ou familiales. La fluctuation des symptômes peut également compliquer la planification des activités.

Quelle prise en charge ?

Le médecin généraliste joue un rôle central dans la prise en charge du Covid Long. Il pourra faire le diagnostic et écarter toute autre pathologie ou solliciter un centre de compétence dans les situations complexes. En cas de diagnostic du Covid Long il pourra :

  • s’appuyer sur les fiches de la Haute autorité de santé (HAS) ;
  • prescrire des traitements symptomatiques ;
  • orienter vers des spécialistes si besoin ;
  • se rapprocher des Dispositif d’Appui à Coordination (DAC) de son département en cas de complexité dans la prise en charge de la pathologie.
  • prescrire une rééducation personnalisée à la situation, aux capacités et à l'âge du patient (orthophoniste, neuropsychologue, kinésithérapeute...).

Une Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) est également importante à mener afin d’apprendre aux patients à gérer leur fatigue, à reconnaître leurs limites et à adapter leur mode de vie pour mieux vivre avec les symptômes. Cette technique, nommée pacing, est une stratégie de fractionnement et d’autogestion du rythme des activités. Elle vise à maintenir un niveau d’activité en adéquation avec ses capacités, à prévenir les MPE (Malaises Post-Effort), à améliorer sa qualité de vie et à réduire le risque d’aggravation de son état de santé.

Les patients peuvent également nécessiter d’un soutien psychologique et d’un accompagnement social et professionnel selon leurs situations. La médecine du travail, une assistance sociale peuvent aider les personnes dans leur démarches pour obtenir une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et un aménagement de leur travail, afin d’essayer de maintenir une activité professionnelle.


Fiche rédigée par Daniel C (#ApresJ20) Relue et validée par Pauline N. et Camille R. Mise en ligne le 08-03-2025