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L'anorexie mentale

1. Quelle est la définition et l'épidémiologie de l'anorexie mentale ?

L’anorexie mentale est une pathologie somato-psychiatrique fréquente et sévère. Elle fait partie des troubles des conduites alimentaires (TCA), caractérisés par une altération durable des comportements permettant l’alimentation avec une altération substantielle des cognitions associées. Dans l’anorexie mentale, on retrouve une diminution significative des ingesta associée à des distorsions cognitives comme la dysmorphophobie (altération de la perception de l’image de son propre corps), des pensées intrusives et ordinales ainsi qu’une perte significative de poids sur le moyen et le long terme.1

L’incidence de l’anorexie mentale est de 8,8/100.000/an dans la  population occidentale. La fourchette haute de sa prévalence est de 3,6 chez les  femmes et 0,3% chez les hommes (sex-ratio femme/homme de 8). Le taux  standardisé de mortalité est de 0.59%.2



1. Réferentiel de psychiatrie et d’addictologie. L’officiel EDN.

2. van Eeden AE, van Hoeken D, Hoek HW. Incidence, prevalence and  mortality of anorexia nervosa and bulimia nervosa. Curr Opin Psychiatry.  2021;34(6):515–24. DOI: 10.1097/YCO.0000000000000739

2. Quels sont les critères de diagnostic ?

Les critères diagnostiques de l’anorexie mentale, d’après le DSM-5, sont :

  • Restriction des apports énergétiques relativement aux apports nécessaires, conduisant à une masse corporelle significativement faible ;
  • Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros ;
  • Troubles dans l’expérience individuelle de la masse corporelle et de la forme ou trouble persistant de la reconnaissance de la gravité de la maladie.

Dans la pratique clinique, ces critères ne sont pas appliqués stricto sensu, mais  plutôt pris en compte dans un contexte clinique global de perte de poids avec  peur intense d’en reprendre et distorsions cognitives associées à ces dernières. 

Le DSM-5 distingue ensuite 4 niveaux de gravité basés sur l’IMC, bien que ces  derniers soient critiqués du fait du faible intérêt clinique de l’IMC. 

Les critères d’hospitalisation sont basés sur le risque suicidaire, la rapide perte  de poids et l’échec de traitement ambulatoire, l’amyotrophie, les troubles  cardiocirculatoires, l’insuffisance rénale, la cytolyse hépatique ou la leuconeutropénie