La greffe de moelle osseuse, plus précisément la greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues (GCSH), est utilisée depuis plus de vingt ans dans certaines formes très spécifiques de sclérose en plaques. Elle vise à « réinitialiser » le système immunitaire : après une phase de chimiothérapie destinée à éliminer les cellules immunitaires impliquées dans l’inflammation, les cellules souches, prélevées chez la personne elle-même, sont réinjectées afin de reconstruire un système immunitaire plus tolérant.
Cette stratégie est réservée à des situations bien définies, principalement :
- les formes récurrentes-rémittentes très actives de la SEP, insuffisamment contrôlées malgré des traitements de fond de haute efficacité ;
- certaines formes de SEP progressive, dans des contextes particuliers (voir fiche dédiée) ;
- des personnes rigoureusement sélectionnées selon des critères précis (âge, durée de la maladie, niveau d’activité inflammatoire, absence de contre-indication).
Les données disponibles montrent que, chez ces personnes soigneusement sélectionnées, la greffe autologue peut permettre une rémission prolongée, à la fois sur le plan clinique (réduction voire disparition des poussées) et radiologique (stabilisation ou absence de nouvelles lésions à l’IRM), chez une majorité d’entre elles.
Cette approche reste toutefois lourde et invasive. Elle expose à des risques d’effets indésirables liés à la chimiothérapie et à la période de reconstruction du système immunitaire, ce qui nécessite une évaluation rigoureuse, une prise en charge dans des centres spécialisés et un suivi médical étroit.