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Maladie de Parkinson

1. Quelle est la physiopathologie de la maladie de Parkinson ?

La voie de la motricité sous-corticale fait intervenir la voie dopaminergique. Il  s’agit d’une voie médiée par la dopamine, produite par les cellules de la pars compacta du locus niger. Cette voie nigro-striatale permet la régulation du mouvement par  rétrocontrôle de la voie directe du mouvement (par stimulation du globus pallidus  externe) et de la voie indirecte du mouvement (par inhibition du globus pallidus interne  et de la pars reticulata du locus niger). 

Dans la maladie de Parkison, dans ces neurones du locus niger se développent  des corps de Lewy, qui entraînent l’apoptose de la cellule. Pour que la maladie se  développe, il faut qu’au moins 50-60% des cellules de la pars compacta soient détruits.

2. Quels sont les symptômes de la maladie ?

La maladie de Parkison est caractérisée par une triade clinique de la voie extrapyramidale :

  • Une bradykinésie ou une akinésie : c’est le ralentissement des mouvements voire leur absence ;
  • Une rigidité plastique : c’est une rigidité des membres dite « en roue crantée » ;
  • Un tremblement de repos : lent (6Hz), asymétrique, aggravé par le calcul mental.

Dans certains cas, le tremblement est peu ou pas présent, on parle alors de forme  akinétorigide de la maladie de Parkison.

La maladie de Parkison est souvent précédée de deux prodromes : l’hypoanosmie et  les troubles du comportement en sommeil paradoxal, à savoir une désinhibition du  mouvement dans le sommeil paradoxal qui entraîne des mouvements/paroles pendant  le sommeil. 

On retrouve également d’autres symptômes non moteurs : les troubles cognitifs,  l’apathie, les douleurs et la dysautonomie (urgenturie, hypotension orthostatique,  constipation…). 

Il faut noter que la plupart de ces symptômes non moteurs arrivent tardivement  dans l’évolution de la maladie (plusieurs années). En cas d’apparition précoce, de  chutes fréquentes, de non-réponse au traitement ou de symptômes bulbaires (dysarthrie, dysphagie…), il faudra alors fréquemment se retourner vers un diagnostic  différentiel, comme la démence à corps de Lewy.

3. Comment est elle diagnostiquée ?

Le diagnostic repose sur les symptomes et l'examen clinique du patient. Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être prescrits afin d'exclure d'autres pathologies.

4. Quels sont les traitements ?

Les traitements de la maladie de Parkinson repose sur un arsenal thérapeutique relativement peu large :

  • Les agonistes dopaminergiques, qui viennent substituer la dopamine endogène, mais qui sont contre-indiqués en cas d’antécédent d’addiction du fait du risque addictogène ;
  • La L-DOPA : un précurseur de la dopamine ;
  • L’inhibiteur de la dopa décarboxylase (iDDC), souvent en association avec la L-DOPA pour éviter sa dégradation et augmenter son activité ;
  • L’inhibiteur de la monoamine oxydase de type B (IMAO-B) et l’inhibiteur de la  cathéchol-O-méthyl-transférase (iCOMT), qui altèrent le métabolisme de la L DOPA pour prolonger son action ;
  • L’amantadine, utilisée dans le traitement des dyskinésies de milieu de dose.

Avant 65 ans, on recommande de commencer un traitement par agoniste  dopaminergique en monothérapie ou IMAO-B. On peut combiner les deux en cas  d’inefficacité. En cas de handicap moteur important, on peut débuter le traitement  directement par L-DOPA et iDDC. 

Après 65 ans, on recommande de commencer le traitement L-DOPA et iDDC en bithérapie ou IMAO-B. 

Pour les patients de moins de 70 ans avec des troubles moteurs sévères, on peut  également utiliser une thérapie innovante : la stimulation du noyau subthalamique par  des électrodes intracérébrales profondes. Le but est d’inhiber la voie directe du  mouvement (par inhibition du globus pallidus interne notamment) et donc de limiter le tremblement de repos. 

5. Quelle est l'évolution de la maladie Parkinson ?

La maladie de Parkinson évolue en 4 phases :

  1. Phase initiale de la maladie avec apparition des symptômes ;
  2. Phase de traitement initial avec effet « lune de miel », quasi-disparition des  symptômes ;
  3. Phase de réapparition des symptômes avec dyskinésies de milieu de dose (traitées par amantadine) et akinésie de fin de dose (traitée par fractionnement  des doses) ;
  4. Phase de dégradation avec apparition des symptômes cognitifs et non contrôle de la maladie par les thérapeutiques médicamenteuses.

Fiche rédigée par Marion Cahen. Mise en ligne le 11/05/2026.

Sources :