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Névralgie du Trijumeau

1. Qu’est ce que la Névralgie du trijumeau ?

La névralgie du trijumeau est une manifestation de douleur neuropathique orofaciale (relative à la bouche et au visage) limitée à une ou plusieurs branches du nerf trijumeau : ophtalmique, maxillaire et mandibulaire. 

Elle peut se développer sans cause apparente ou être la conséquence d'une autre affection diagnostiquée.

Certains patients ressentent une douleur continue entre ces crises douloureuses. 

Les femmes sont plus souvent touchées que les hommes. La forme classique touche principalement le patient au-delà de l’âge de 50 ans et majoritairement au-delà de 70 ans.

2. Quels sont les symptômes ?

La douleur de la névralgie du trijumeau survient dans le territoire d'une ou plusieurs branches sensitives du nerf trijumeau, le plus souvent la branche maxillaire.

Elle est récurrente, d'apparition et de disparition brutales, déclenchée par des stimuli anodins et généralement comparée à une décharge électrique ou décrite comme une sensation de fulgurance ou de coup de poignard. Cela peut durer de quelques secondes à 2 minutes. 

La douleur peut souvent être déclenchée en touchant une zone gâchette (point précis) du visage . Elle peut s'intensifier avec le temps.

De légers symptômes tels que larmoiement et/ou rougeur de l'œil du même côté que la crise peuvent être présents.

Lorsque la douleur est très intense, elle provoque souvent une contraction des muscles du visage du côté affecté.

3. Comment est-elle diagnostiquée ?

Le diagnostic de la névralgie du trijumeau repose principalement sur un examen clinique associé à une anamnèse approfondie du patient.

L'examen neurologique est normal dans la névralgie du trijumeau. 

Cependant, chez certains patients, l'examen neurologique clinique peut révéler des déficits sensitifs, ce qui doit inciter à réaliser un IRM afin d'en explorer la cause. Le diagnostic de sous-formes telles que la névralgie trigéminale classique, la névralgie trigéminale secondaire ou névralgie trigéminale idiopathique est alors possible.

L’examen clinique :  Critère de diagnostic ICHD-3

A. Crises récurrentes de douleur faciale unilatérale dans le territoire d'une ou plusieurs divisions du nerf trijumeau, sans irradiation au-delà et répondant aux critères B et C

B. La douleur a toutes les caractéristiques suivantes :

  • dure entre une fraction de seconde et 2 minutes
  • intensité sévère
  • de qualité semblable à une décharge électrique, à une piqûre ou à un coup de poignard

C. Provoquée par des stimuli normalement indolores dans le territoire du trijumeau affecté

D. N’est pas mieux expliquée par un autre diagnostic de l’ICHD-3

4. Quelle est la prise en charge et les traitements ?

La prise en charge et le traitement dépendent de la cause de la névralgie, même si un traitement pour calmer la douleur sera toujours nécessaire. 

Les traitements médicamenteux : 

La carbamazépine et l’oxcarbazépine (antiépileptiques) sont les traitements recommandés en première intention. En cas d’échec, d’intolérance ou d’inefficacité, d’autres traitements de la famille des antiépileptiques peuvent être proposés. Cependant, ces traitements ont des niveaux de preuves plus limités et n’ont pas l’autorisation de mise sur le marché pour la névralgie du trijumeau. 

Les traitements chirurgicaux : 

Le traitement neurochirurgical est un traitement possible en cas d’échec ou d’intolérance au traitement médicamenteux. Ce traitement dépend de la présence ou non d’un conflit vasculonerveux (névralgie trigéminale secondaire) et de l’âge de la personne.

Il y a plusieurs techniques : soit par abord direct du nerf soit par des techniques percutanées (à travers la peau). Les techniques percutanées sont moins invasives mais avec un taux d’efficacité pouvant être moins important.

Pour chacune de ses méthodes, des avantages et des inconvénients sont présents. Elles se font en fonction de la situation de la personne. Avant, une concertation avec le chirurgien est nécessaire pour présenter les avantages et les risques du traitement.

  • La décompression microvasculaire par abord chirurgicale directe du nerf trijumeau est la technique qui est possible en cas de conflit entre le nerf et un vaisseau qui est en contact avec celui-ci.  La détection, grâce à une IRM cérébrale de bonne qualité, d’un contact anormal entre le nerf trijumeau et un vaisseau sanguin (artère ou veine) est à l’origine de cette technique. Le taux de réussite est d’environ 90 %. La récidive est possible mais rare.
  • La radiochirurgie (Gamma-Knife ou Novalis) ne nécessite pas d’anesthésie générale. Elle consiste à irradier le nerf au travers du crâne. Le résultat n’apparaît qu’après au moins un mois, et le risque possible de complications tardives liées aux rayonnements reste une limite. Cette procédure interrompt les signaux de douleur vers le cerveau.
  • La thermocoagulation du nerf trijumeau consiste à chauffer le nerf après un repérage et créer une lésion plus ou moins réversible des fibres du trijumeau. Les risques de cette méthode sont la présence d'anesthésie douloureuse dans le territoire lésé, une anesthésiste cornéenne (diminution ou une absence de sensibilité de la cornée) et de picotement désagréable au niveau de la branche de division du nerf concerné.
  • La compression du nerf par ballonnet est une possibilité également.

Fiche rédigée par Clarisse Mouchard et relue par Marion Cahen. Mise en ligne le 09-04-2026

Sources :