Notre nouvel article scientifique La chirurgie est-elle un traitement efficace des douleurs sciatiques liées à l’endométriose repond à cette question.
L'équipe Draw Your Fight est heureux de vous présenter les résultats de notre méta-analyse consacrée à l’évaluation de l’approche chirurgicale dans le traitement de l’endométriose touchant le nerf sciatique et/ou le plexus sacré.
Publiée dans l’International Journal of Gynecology & Obstetrics, cette étude est, à notre connaissance, la 1e méta-analyse en lien avec la prise en charge des douleurs neuropathiques liées à l’endométriose.
L’objectif était de synthétiser les données disponibles concernant l’efficacité et la sécurité de la chirurgie de décompression nerveuse dans l’atteinte du plexus sacré et/ou du nerf sciatique par l’endométriose. Nos résultats suggèrent qu’elle s’accompagne :
- d’une diminution moyenne de la douleur de 6 à 7 points sur une échelle de 0 à 10 ;
- d’un faible taux de complications directement liées aux gestes de décompression nerveuse ;
- d’une amélioration fonctionnelle rapportée dans plusieurs études, notamment concernant certains déficits moteurs observés dans les formes les plus avancées.
Ces résultats sont encourageants. Toutefois, ils doivent être interprétés avec prudence compte tenu des limites méthodologiques des études actuellement disponibles. Notre travail met en effet en évidence d’importantes lacunes dans les connaissances actuelles :
- aucun essai n’a comparé directement la chirurgie aux traitements médicamenteux ;
- les données de suivi à long terme restent limitées ;
- les critères permettant d’identifier les personnes les plus susceptibles de bénéficier de la chirurgie demeurent mal définis ;
- les pratiques chirurgicales restent hétérogènes selon les équipes et les pays.
Plus surprenant encore, notre revue de la littérature montre qu’aucune étude n’a évalué spécifiquement l’efficacité des traitements médicamenteux ou des approches non pharmacologiques dans cette atteinte pourtant responsable de douleurs neuropathiques souvent sévères. Des études complémentaires sont donc nécessaires afin de mieux guider les décisions thérapeutiques et d'améliorer la prise en charge de cette forme encore trop méconnue d’endométriose.
L'article est disponible ici.